Deutsche Bank muscle ses relations avec ses régulateurs

le 18/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe se renforce dans une période délicate en nommant Sylvie Mathérat au poste de directrice mondiale des affaires gouvernementales et réglementaires

Danièle Nouy va trouver à qui parler chez Deutsche Bank. La présidente du conseil du Mécanisme de supervision bancaire unique en Europe aura comme interlocutrice au sein de la banque allemande une autre Française et une ancienne collègue de la Banque de France, Sylvie Mathérat. Cette dernière, actuellement adjointe au directeur général des opérations de l’institution monétaire, a été nommée hier au poste de directrice mondiale des affaires gouvernementales et réglementaires de Deutsche Bank.

Sylvie Mathérat prendra «la responsabilité du respect des réglementations et de leur mise en œuvre ainsi que de la gestion des relations avec les autorités de tutelle», indique un communiqué de presse. Dans cette fonction «élargie» des affaires gouvernementales et réglementaires, elle sera rattachée à Stephan Leithner. Elle intégrera également le comité exécutif de la banque, qui comptait 18 membres – aucune femme – avant la nomination d’hier. Sylvie Mathérat doit prendre ses fonctions le 1er août.

Diplômée en droit et en sciences politiques, elle a effectué l'essentiel de sa carrière à la Commission bancaire et à la Banque de France, ce qui l'a conduite à être membre du Comité de Bâle et à en présider le groupe de travail sur la comptabilité. Sylvie Mathérat a aussi fait deux passages dans le privé, au début de sa carrière à l'inspection de la Société Générale, puis de 1993 à 1995 dans les activités de titrisation de Paribas.

Ce renfort ne sera pas de trop pour Deutsche Bank. Au-delà des nombreux litiges et enquêtes dont le groupe est l’objet – en premier lieu des soupçons de manipulations sur les changes qui pourraient lui coûter cher – les dossiers réglementaires s’empilent sur le bureau des dirigeants. Aux Etats-Unis, la Fed impose de nouvelles règles aux banques étrangères qui forcent ces dernières à réorganiser leur structure juridique.

Les autorités américaines songent également à imposer un coussin minimum de dette «bail-in» pouvant être effacée en cas de difficulté. Un projet contre lequel Michel Barnier, commissaire aux Services financiers, s’est élevé la semaine dernière en visite à Washington. Les débats autour du bon niveau de ratio de levier se poursuivent de part et d’autre de l’Atlantique, et le Comité de Bâle a engagé des réflexions sur le risque de taux.

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