Le britannique RSA poursuit sur la route de ses cessions d’actifs

le 18/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il pourrait mettre en vente ses activités asiatiques, faute de taille critique sur ce continent. L'intérêt supposé d'Axa demeure incertain

Secoué en 2013 par un scandale comptable en Irlande et par les intempéries survenues outre-Manche, RSA Insurance poursuit son plan de restructurations. Celui-ci passe notamment par des cessions. Selon Reuters, l’assureur britannique voudrait vendre ses activités asiatiques et chercherait à obtenir 500 millions de dollars (370 millions d’euros). Le processus formel n’aurait pas encore été lancé, mais l’agence de presse croit savoir qu’il le sera dans les semaines qui viennent.

Reuters précise qu’Axa, Sompo Japan Insurance, l’autralien QBE et Allianz feraient partie des candidats. Contacté par L’Agefi, l’assureur français, fortement implanté en Asie et qui nourrit de fortes ambitions sur ce continent, s’est refusé à tout commentaire. Mais selon une source proche, son intérêt à y participer serait tout relatif.

RSA est loin d’atteindre la taille critique sur ce gigantesque marché. Présentes à Hong Kong, Singapour, en Chine «continentale» et en Inde, ces activités ne représentaient que 2% des primes nettes encaissées par le groupe au premier trimestre 2014. Leur montant a en outre reculé de 7% au cours de cette période (à 38 millions de livres sterling). Son cœur demeure l’Europe du Nord (les îles Britanniques et la Scandinavie).

Plusieurs concurrents ont déjà décidé de réduire la voilure ou de quitter l’Asie. C’est le cas d’Aviva, d’ING, d’AIG et de New York Life. Bâtir un acteur de poids dans une zone où les marchés sont à la fois très divers et concurrentiels exige d’importants moyens – alors que les ressources financières sont rares depuis la crise financière et face aux adaptations nécessaires à la réglementation de Solvabilité 2.

RSA entend utiliser le fruit de ses cessions pour renforcer ses capitaux suite aux pertes subies l’an dernier. La Pologne, les Pays baltes, le courtage au Canada, ainsi que la majeure partie de son portefeuille en actions ont déjà été vendus Il dépassera probablement son objectif de 300 millions de livres de produit de cessions en 2014: la vente du canadien Noraxis a généré 238 millions de livres, soit 20% de plus qu’anticipé.

L’assureur a en outre déjà levé 775 millions de livres (971 millions d’euros) sur le marché actions et n’a pas versé de dividende au titre de l’exercice 2013. Au total, RSA veut lever 2,7 milliards de dollars (soit 1,6 milliard de livres).

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