Le gouvernement fait profil bas dans le dossier BNP Paribas

le 02/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

Photo : Bloomberg

Le gouvernement français a adopté un profil bas dans le conflit entre BNP Paribas et les autorités américaines, où la banque française serait menacée d'une amende qui pourrait dépasser 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros), selon le Wall Street Journal et des sources proches des négociations. Interrogé lundi par Reuters en marge d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, s'est montré, une fois n'est pas coutume, d'une extrême prudence. «Je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas vous faire de déclaration à ce stade, a indiqué le ministre. Ce n'est pas possible, je ne peux pas pour l'instant. On se reverra.»

Le dossier sera «évidemment évoqué» lors de l'entretien bilatéral que les présidents François Hollande et Barack Obama auront jeudi, à la veille du 70e anniversaire du Débarquement allié du 6 juin 1944, dit-on de source diplomatique française. L'Elysée et les services du Premier ministre ont refusé de faire le moindre commentaire.

Si les accusations contre BNP Paribas sont confirmées, «il faut absolument que l'Etat français ne s'en mêle pas», recommande pour sa part la députée socialiste Karine Berger. Celle-ci justifie notamment cette prudence par le fait que, «si les faits sont avérés, la position américaine est parfaitement compréhensible». «Ce n'est pas un jeu économique. On est dans un jeu politique, poursuit-elle. Et si BNP Paribas a voulu aller à l'encontre de cette position politique des Etats-Unis, elle devra en tirer les conséquences.»

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