Goldman Sachs va à son tour se désengager du stockage des métaux

le 21/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque américaine était l’un des derniers grands établissements de Wall Street à rester présent dans le négoce physique de matières premières

Goldman Sachs va suivre l’exemple de ses pairs. La banque américaine a annoncé hier soir avoir officiellement mis en vente Metro International Trade Services, sa filiale d'entreposage de métaux acquise il y a quatre ans, jugeant que cette filiale n’était «pas stratégique» pour l’activité de ses clients.

Après une année d’hésitation, marquée par la tenue puis la suspension de discussions, cette démarche semble sceller le sort de Metro, pourtant une vache à lait pour la banque américaine. Il est vrai que celle-ci était l’une des dernières grandes banques de Wall Street à être restée présente dans le négoce physique de matières premières, sur fond de durcissement de la réglementation et de controverses grandissantes. JPMorgan et Morgan Stanley ont pour leur part déjà engagé le processus de cession de tout ou partie de ces activités.

Goldman Sachs avait racheté Metro International en 2010 pour quelque 550 millions de dollars (404 millions d’euros). Un porte-parole a précisé que la banque avait décidé d'explorer la possibilité d'une vente de sa filiale basée à Detroit «étant donné les manifestations récentes d'intérêt exprimées par des acquéreurs potentiels». Si le nom des candidats n'a pas été communiqué, une source proche du dossier a indiqué à Reuters qu'il s'agissait de banques ou d’entreprises spécialisées dans le négoce ou le stockage de matières premières, originaire des Etats-Unis ou de l’étranger. Dans l’attente d’une cession, Metro sera considéré comme un investissement sans lien de dépendance avec la banque. Les dirigeants de Goldman Sachs entendent en revanche conserver l’activité jugée stratégique de trading de matières premières.

Il est devenu clair depuis un an que la Réserve fédérale américaine apprécie de moins en mois la présence directe des établissements bancaires dans le négoce physique de matière première, considérant que ce métier expose leur bilan à des risques inutiles.

De surcroît, Goldman Sachs et JPMorgan ont été accusées avec le LME (London Metal Exchange) de s’entendre pour manipuler le marché de l’aluminium. Goldman Sachs a nié que sa filiale Metro ait enfreint toute loi ou réglementation. Mais son entrepôt de Detroit se caractérise par une très faible rotation des stocks d’aluminium, avec un délai de livraison de 683 jours, selon les chiffres communiqués par le LME début mai.

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