La Macif reste sereine face au départ annoncé de la Maif de Sferen

le 30/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La mutuelle dit avoir anticipé cette évolution de la Sgam en lançant des chantiers avec la Matmut. Sa rentabilité reste dégradée en dommages

La messe est dite. Gérard Andreck, président de la Macif et du Gema, a confirmé hier la disparition prochaine de Sferen dans sa configuration actuelle. La Maif a l’intention de quitter la société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam), laissant la Macif et la Matmut seules à son bord. La transposition des normes de Solvabilité 2 en droit français fait vaciller l’édifice. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) va en effet considérer les Sgam comme des groupes d’assurance.

«Ce n’est pas un traumatisme, nous avons anticipé ce sujet», rassure Gérard Andreck. Le président de la Macif, qui devrait laisser sa place à Alain Montarant, vice-président du conseil d’administration, lors de la prochaine assemblée générale, souligne notamment l’alliance conclue avec la Matmut sur le marché des entreprises. La mutuelle niortaise monte à 40% du capital de Matmut Entreprises qui devient Inter Mutuelles Entreprises. En outre, Mutavie, filiale de la Macif, pourrait reprendre le portefeuille de Matmut Vie.

Si la «refondation» à venir de Sferen peut laisser espérer une convergence stratégique plus poussée entre les deux acteurs, la Macif doit s'attaquer en priorité au redressement de sa rentabilité. Dans le secteur dommages (53% du chiffre d'affaires), le ratio combiné s’est établi à 104,2% en 2013, contre 104,4% l'année précédente. Les événements climatiques ont affecté le résultat à hauteur de 154 millions d’euros. Cet impact a toutefois été ramené à 68 millions d’euros grâce à une couverture de réassurance en excédent de perte. Par ailleurs, l’obligation faite aux assureurs depuis le 1er janvier 2013 de supporter la revalorisation des rentes versées aux victimes d’accidents de la circulation a occasionné pour la Macif une charge récurrente de 40 millions d’euros.

«La mise en place depuis cette année d’un traité de réassurance sur ce risque permettra de plafonner la charge à 33 millions d’euros, soit environ un point de ratio combiné», relativise le directeur financier Olivier Arlès. Des résultats financiers en hausse ont permis de bonifier le résultat opérationnel de ce secteur. Face aux évolutions réglementaires en cours : loi Hamon, généralisation de la complémentaire santé..., la Macif doit «trouver des relais de croissance en équipant mieux ses 5 millions de sociétaires», estime le directeur général Jean-Marc Raby. La mutuelle peut compter sur un taux de résiliation parmi les plus bas du marché.

A lire aussi