Les banques régionales allemandes poursuivent leur convalescence

le 14/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les Landesbanken affichent des comptes 2013 encore marqués par leurs errements passés. La crise du fret maritime s'ajoute à leurs difficultés

Confrontées à la nécessité de restructurer leurs bilans lestés de créances douteuses, sous la pression de la Commission européenne, les banques régionales allemandes (Landesbanken) affichent des comptes 2013 dégradés.

Frappée par la crise du fret, HSH Nordbank, leader mondial du financement maritime, a creusé ses pertes à 814 millions d’euros, contre 124 millions en 2012. Soit la pire perte depuis 2008. Les perspectives de son portefeuille de créances dans ce métier se sont dégradées au dernier trimestre: les provisions pour coût du risque ont progressé de 22% par rapport au trimestre précédent, à 3,3 milliards d’euros. Les créances douteuses ont progressé de 12,5%, à 9 milliards. Dans le même temps, HSH Nordbank a réduit ses encours de prêts à ce secteur de 2 milliards, à 21 milliards.

Mais les difficultés des banques régionales allemandes, détenues par les Länder et les caisses d’épargne locales (Sparkassen), dépassent le sujet du maritime, tant la stratégie menée au cours des années de bulle financière – un développement agressif à l’étranger dans des financements à forte marge mais risqués – s’est révélée contre-productive à partir de 2008.

La Landesbank de la puissante Bavière, BayernLB, se restructure car elle souffre encore de l’acquisition de Hypo Alpe-Adria en 2007 (nationalisée depuis 2009 par l’Autriche). Elle est également pénalisée par les difficultés de sa filiale hongroise. Elle affiche une perte avant impôt de 520 millions d’euros au quatrième trimestre, contre un bénéfice de 405 millions un an plus tôt. Son résultat net annuel chute de 84%, à 120 millions.

LBBW (Baden-Württemberg), qui compte parmi les plus solides, est demeurée bénéficiaire en 2013 mais a vu son résultat net reculer de 15,3%, à 337 millions d’euros. Alors que sept de ses anciens dirigeants sont poursuivis pour avoir dissimulé les risques liés aux subprimes, sa restructuration lui a coûté 48 millions l’année dernière. Le rendement de ses fonds propres, déjà faible, poursuit sa chute (3,6% contre 3,8%). Mais le coefficient d’exploitation s’améliore de 9 points, à 63,5%. Nettoyant son bilan, LBBW a réduit ses actifs pondérés de 17%, à 79,4 milliards d’euros.

Certaines tirent leur épingle du jeu. Helaba (Hesse et Thuringe) voit son résultat net progresser de 11,3%, à 354 millions. Son bénéfice imposable se maintient au-dessus de 500 millions depuis 2011. Il profite notamment de l’intégration de S-Group Bank, un acteur de Rhénanie du Nord-Westphalie.

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