La gouvernance de CNP risque d'évoluer à un moment crucial

le 04/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Antoine Lissowski, DGA et directeur financier, pourrait partir à la FFSA alors que la compagnie d'assurance planche sur un avenir sans BPCE

CNP Assurances risque de perdre l’un de ses poids lourds à un moment charnière. Antoine Lissowski, directeur général adjoint et directeur financier, lorgne le poste de délégué général de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) pour seconder Bernard Spitz. Un poste que Thomas Saunier, de Generali, convoiterait également, révélait le 1er avril l’Argus de l’Assurance. CNP ne fait aucun commentaire.

Mais ce départ éventuel trouve ses raisons ailleurs. Considéré comme «le» technicien de l’assurance chez CNP, Antoine Lissowski avait brigué la direction générale de la compagnie en 2012, qu’il exerçait d’ailleurs par intérim. Il avait dû s’effacer devant Frédéric Lavenir, le candidat soutenu par Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des dépôts et premier actionnaire du groupe avec 40% du capital. Après 18 mois, la cohabitation entre les deux hommes n’a pas vocation à s’éterniser, expliquent plusieurs sources. D’autant qu’ils n’ont pas la même vision de la stratégie à suivre dans le dossier BPCE, alors que la banque a annoncé son intention de ne plus confier à CNP, à partir de 2016, la production des contrats vendus par les Caisses d’Epargne. Ironie de l’histoire, si le poste de délégué général de la FFSA est aujourd’hui vacant, c’est que Jean-François Lequoy a été recruté pour muscler le pôle assurances de Natixis, filiale de BPCE.

Sur ce point, malgré les postures officielles, les travaux progressent. Le comité ad hoc constitué chez CNP et qui rassemble les représentants de l’Etat au conseil, ceux de la CDC et les administrateurs indépendants, doit se réunir le 8 avril pour étudier les différentes options à l’étude. Il ne devrait cependant pas être décisif, vu la complexité du dossier.

Plusieurs scénarios ont été élaborés, comme un accord qui permettrait à l’assureur de commercialiser après 2016 des contrats d’assurance emprunteur, santé et prévoyance dans le réseau de l’Ecureuil. Certains observateurs évoquent des pistes plus hardies, tel un adossement de CNP à son deuxième réseau distributeur, la Banque Postale, ce qui pose la question des moyens financiers de la Poste et de la CDC.

De son côté, Jean-Pierre Jouyet a déclaré hier que si BPCE choisissait de quitter la CNP, la banque devrait «en payer le prix». «Aucune concession patrimoniale ne sera faite sur le stock» des contrats gérés par CNP, a souligné le dirigeant.

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