La filière des moyens de paiement est appelée à mieux se coordonner

le 04/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

C’est la recommandation du cabinet de conseil Edgar, Dunn & Company qui vient de réaliser la première cartographie du secteur

Les moyens de paiement se découvrent un statut de filière industrielle en France, sur le modèle du luxe ou de l’aéronautique. Une notion relativement nouvelle pour ce secteur qui compte pourtant plusieurs champions européens voire mondiaux (Gemalto, Edenred, Worldine…). Pour la première fois, le cabinet de conseil Edgar, Dunn & Company (EDC) en a délimité les contours et mesuré l’influence.

Cette «cartographie» révèle que la filière représente 90.000 emplois directs et indirects dans l’Hexagone. Son poids économique en terme de valeur ajouté avoisine les 6 à 7 milliards d’euros, avec un ratio moyen de valeur ajoutée par employé de 95.000 euros. C’est 23% de plus que la moyenne nationale.

«On a vraiment affaire à une filière industrielle», renchérit Georges Pauget, président d' Economie Finance et Stratégie, qui a suggéré ce travail en lien avec le pôle de compétitivité Finance Innovation. Environ la moitié de la valeur ajoutée de la filière est réalisée par des acteurs non bancaires. «C’est une filière sous pression, à la fois concurrentielle et réglementaire», décrypte l’ancien directeur général de Crédit Agricole SA. L’incertitude autour des commissions d’interchange, dont le projet de plafonnement a fait l’objet d’un débat hier au Parlement européen, en est un exemple.

Cette double pression doit inciter la filière à se mobiliser et à collaborer sur un certain nombre de points clés, malgré l’échec du projet de système de cartes de paiement paneuropéen «Monnet». Ce manque de coordination est d’ailleurs cité par les participants comme un frein au développement. La multiplication des portefeuilles électroniques («wallets») et des solutions mobiles, qui marque un virage numérique après la carte à puce, pose le problème de l’acceptation et de l’intégration de ces nouveaux moyens de paiement.

«La principale difficulté de l’exercice sera de collaborer dans le respect des règles de la concurrence», anticipe Georges Pauget. Pour soutenir ce développement, EDC  propose d’agir sur quatre leviers : une collecte régulière de statistiques, la mise en place d’un comité de filière, une collaboration avec les régulateurs ainsi qu'avec les autres filières industrielles, notamment sur le big data, le cloud computing, les objets connectés, les services sans contact et la cybersécurité.

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