Intesa Sanpaolo réduit drastiquement la voilure en Italie

le 31/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La deuxième banque italienne va fermer 20% de ses agences d'ici à 2017 et rationaliser ses structures. Ses concurrents coupent aussi les coûts

Solder le passé pour mieux préparer l’avenir. Comme UniCredit et Monte Paschi di Siena, Intesa Sanpaolo a passé ses comptes à la paille de fer, au prix d’une perte nette de 4,55 milliards d’euros en 2013. Et comme UniCredit et Banca Popolare di Milano (BPM), la deuxième banque italienne a présenté un nouveau plan stratégique.

Intesa anticipe la fin de la récession mais reste prudente sur les perspectives du secteur bancaire italien, dont les revenus nets du coût du risque (provisions) ont été divisés par deux depuis 2007, à 39 milliards d’euros. Dans un contexte de taux bas et de faible croissance du PIB (0,5% attendus en 2014 puis 1,1 à 1,3% par an), le groupe compte économiser 800 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2017.

En Italie, il mise sur la banque digitale et va fermer 800 agences (20% du réseau), davantage que les 700 suppressions (-17%) annoncées il y a quelques semaines par le leader UniCredit et les 50 prévues par BPM (-9%). S’étant déjà séparée de 2.000 points de vente depuis 2007, Intesa aura divisé son réseau domestique par deux en dix ans. Le groupe va aussi rationaliser ses filiales. Ses banques régionales passeront de 17 à 11 et ses services financiers spécialisés seront regroupés en une entité. Les activités de gestion d’actifs, banque privée et assurance de la marque Fideuram vont également fusionner avec les autres entités du groupe dans ces métiers. L’ensemble de ces chantiers doit permettre de redéployer 4.500 salariés mais aucune suppression de postes ne serait prévue. A l’inverse, UniCredit va se séparer de 5.700 personnes en Italie.

La banque de détail d’Intesa affiche toutefois un coefficient d’exploitation (ratio coûts sur revenus) moins élevé et vise 46% (-3 points) dans trois ans, contre 48% (-14 points) pour UniCredit. «Nous considérons que les objectifs de revenus sont agressifs (+3,2% par an en Italie, ndlr), tandis que les prévisions de coûts et de provisions sont prudentes et atteignables», juge Anna Maria Benassi, analyste chez Kepler Cheuvreux.

Face à ces grandes enseignes, Cariparma, le réseau italien du Crédit Agricole, vise un coefficient d’exploitation de 52% (-8 pb) en 2016, tandis que BNL, la filiale de BNP Paribas, se contentera de 54% (-1 pb). Cariparma, qui prévoit 720 départs de collaborateurs (-9% en deux ans), va centraliser ses back-offices et réorganiser et automatiser ses agences. Tout en poursuivant les mêmes buts, BNP Paribas se contente d’évoquer une «stabilité des dépenses opérationnelles» de BNL.

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