HSBC France suit la ligne de sa maison mère sur les rémunérations variables

le 05/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le versement de primes controversées devrait concerner moins de dix personnes à Paris. La banque est mobilisée pour la revue des actifs menée par la BCE

Avec un ratio de fonds propres durs de 12,7% en normes Bâle 3 et un ratio de liquidité à court terme (LCR) de 155%, HSBC France se sent à l’abri. Et bien au-dessus des futurs minima de 7% et 100%. «Nous sommes confiants car nos ratios sont parmi les meilleurs de la place», a déclaré hier Gilles Denoyel, adjoint au directeur général de la banque, lors de la présentation de ses résultats annuels. Pour autant, HSBC France n’échappe pas, comme 12 autres banques tricolores, à la revue de la qualité des actifs (AQR) menée par la Banque centrale européenne dans le cadre de l’Union bancaire.

L’opération-vérité est entrée dans le dur. «Les auditeurs de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) sont chez nous depuis mi-février, indique Gilles Denoyel. Cette équipe de 13 personnes, qui «pourrait aller jusqu’à une vingtaine», travaille en étroite collaboration avec plusieurs dizaines de salariés de la direction financière et des risques de HSBC France, mobilisés depuis novembre et accompagnés par des auditeurs externes.

Après s’être penchée sur les activités de marché et sur sa méthodologie comptable, l’ACPR va passer au peigne fin «plus de 1.000 dossiers de prêts», en scrutant pour chacun «jusqu’à 200» paramètres. «Nous avons reçu vendredi la liste du nombre d’attributs par prêts», précise Gilles Denoyel. A charge pour HSBC de présenter des fichiers complets, quitte à devoir rouvrir certains dossiers manuellement au sein des back-offices. L’échantillon devra représenter, par extrapolation, plus de 50% des 33 milliards d’euros d’encours de crédit à la clientèle de l’ex-CCF, qui affiche un coût du risque (provisions pour risque d’impayé) de 0,25% à fin 2013.

La banque sino-britannique s’est engagée à «appliquer les meilleurs standards de conformité», souligne Jean Beunardeau, directeur général de HSBC France. Le groupe envisage pourtant de contourner la limitation des bonus en Europe en ajoutant une prime fixe trimestrielle aux salaires fixe et variable de 665 salariés.

Cette «prime de contrainte» devrait concerner «moins de 10 personnes en France», selon Jean Beunardeau qui précise que sa banque est «principalement» surveillée par le régulateur britannique. Elle est en revanche concernée par les mesures anti-spéculation de la loi bancaire française. «Nous sommes en train d’analyser le décret (à ce sujet) pour voir s’il y a des conséquences à en tirer, indique le dirigeant. A ce stade nous n’en avons pas encore vues».

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