Le Crédit Mutuel Arkéa sort renforcé de l'exercice 2013

le 05/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ses comptes connaissent une forte progression. La banque mutualiste fait preuve de prudence en augmentant ses provisions collectives

Le Crédit Mutuel Arkéa poursuit sur sa lancée du premier semestre 2013. Pour ses comptes annuels, l’établissement mutualiste a confirmé le rééquilibrage de son bilan.

Grâce à une collecte de 3,3 milliards d'euros en épargne bancaire rémunérée (deuxième meilleure année d’Arkéa après 2012), l’encours de dépôts a progressé de 14%, à 34,5 milliards d’euros. Arkéa améliore ainsi spectaculairement son ratio crédits bruts sur depots à 115%, contre 134% en 2012 et 153% en 2010. Pourtant, la production de crédit a progressé de 3% (à 7,7 milliards). L’objectif à terme est de maintenir ce ratio entre 110 et 115%, pour ne pas se couper des marchés financiers.

Exerçant une activité de banque de financement et d’investissement restreinte, Arkéa affiche un ratio de solvabilité core tier one (sous Bâle 2.5) élevé de 14,3% au 31 décembre 2013. «Le niveau de solvabilité très élevé d’Arkéa est un réservoir puissant pour son développement commercial ou des acquisitions. Une acquisition viendrait renforcer nos compétences et nous ferait gagner en compétitivité», indique Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa.

Curieusement, l’application de Bâle 3 (en l’état actuel des choses) ferait grimper le ratio d’environ 100 points de base, en raison du poids de l’activité d’assurance (Suravenir) dans le groupe. Sans (ou presque) activité de marché, le groupe peut par ailleurs afficher un ratio de levier de 6,2%.

A périmètre constant (la BPE, cédée à la Banque Postale, n’est plus consolidée dans les comptes 2013) et hors exceptionnels, le résultat net bondit de 50% à 213 millions d’euros. Ce grâce à la progression de 3,7% du PNB (à 1,62 milliard d’euros), en raison d’une hausse de 6% de la marge financière, et à la baisse des frais de gestion de 6,4%. Le coefficient d’exploitation passe ainsi de 75,7% à 70,3%.

Cette amélioration permet d’absorber la hausse de 29% du coût du risque (à 331 millions). «L’augmentation des provisions ne témoigne pas d’une dégradation de la qualité du risque mais reflète une attitude prudente en raison du contexte économique. Nous avons également profité du bon niveau de résultat net attendu pour équiper le groupe en dotations affectées ou collectives, notamment vis-à-vis des entreprises et du crédit à la consommation», explique Jean-Pierre Denis. La perspective de l’AQR (revue de la qualité des actifs bancaires que doit mener cette année la BCE) n’est pas non plus totalement étrangère à cet accès de précaution.

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