April se prépare à exploiter les opportunités de l’assurance santé collective

le 28/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La généralisation des complémentaires santé et l’assurance emprunteur sont des priorités, alors que le groupe a peiné en 2013

Revenu aux commandes de l’assureur multispécialiste il y a un an, son fondateur Bruno Rousset ne cache pas sa déception devant les performances récentes, en particulier à l’international. L’activité hors de France a représenté 21% de la marge brute en 2013, en recul d’un point de pourcentage par rapport à 2011 et à contre-courant des objectifs du dernier plan stratégique.

Dans l’Hexagone, la réorganisation réseau de boutiques dans la branche dommages (37% du chiffre d’affaires) a continué de peser sur les résultats. La marge opérationnelle courante de ce segment a ainsi poursuivi sa dégringolade, passant de 3,9% en 2012 à 2,2% l’an dernier. «Depuis septembre, nous avons retrouvé une dynamique commerciale mais ce redressement ne se lira pas dans les comptes en 2014», prévient Marc Le Doze, directeur financier. Dans la branche santé-prévoyance, qui compte pour 63% du chiffre d’affaires, la dynamique a été positive dans l’assurance emprunteur avec une production en hausse de 29% sur un marché jugé «atone». La loi Hamon, qui permet la résiliation durant la première année du contrat, est une «source d’opportunités», souligne Bruno Rousset, qui annonce une nouvelle offre encore plus segmentée. 

En assurance santé, April se mobilise en prévision de l’application de l’accord national interprofessionnel (ANI), qui va généraliser à compter de 2016 les complémentaires santé dans le privé. Alors que la production d’affaires nouvelles en assurance santé collective TPE a déjà progressé de 23% l’an dernier, l’assureur s’estime bien armé pour répondre aux besoins de cette cible. L’ANI a en revanche freiné l’activité en santé individuelle, l’assureur-courtier ayant préféré ne pas capter des affaires nouvelles jugées non rentables sur cette cible. Au niveau de l’ensemble de l’organisation, le chiffre d’affaires a progressé de 0,7% pour atteindre 778,6 millions d’euros. Un repli des produits financiers nets explique essentiellement la baisse du résultat opérationnel courant (-6,8% à 86,5 millions d’euros). Le résultat net recule de 4,4% à 51 millions d’euros. 

Malgré un bilan récent mitigé, April maintient ses leviers de croissance, qui passent par une solide assise internationale, un renforcement de l’ouverture aux entreprises et de l’assurance emprunteur, ainsi qu’un développement du multicanal . Pour Bruno Rousset, la clé réside aussi dans le management, avec la nécessité de raviver «l’ADN entrepreneurial» du groupe.

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