Le Crédit immobilier de France dégagera des pertes jusqu'en 2024

le 19/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bruxelles vient de publier les détails du plan de résolution approuvé fin novembre. Le coût du risque et de la garantie d'Etat devrait culminer en 2015

Le plan de résolution du CIF ne prévoit pas de retour aux bénéfices avant… 2024. A cette date, le Crédit immobilier de France aura réduit son bilan de 72%, avant cessions éventuelles. Ces éléments figurent dans la version détaillée de la décision que les services de la concurrence de la Commission européenne ont publiée le 11 février. Fin novembre, Bruxelles avait donné son accord au plan de résolution ordonnée du prêteur, sauvé de la faillite par l’Etat en août 2012.

Le plan prévoit l’octroi d’un maximum de 28 milliards d’euros de garanties publiques pour le refinancement de la banque, jusqu’en 2035. «L’impasse de liquidité du CIF devrait atteindre un pic en 2015 avec une utilisation des garanties de l’ordre de 15 milliards d’euros», indique le document. C’est le coût de cette garantie qui explique une bonne part des pertes du prêteur dans les années à venir. Il a été fixé à 150 ou 153 points de base selon le type de garantie (externe ou intragroupe). Un niveau élevé, déterminé par comparaison avec les CDS de cinq banques jugées d’une «solidité» comparable: les portugaises BES, BCP et CGD, l’italien Monte Paschi, et Bank of Ireland.

La rémunération de la garantie devrait s’élever à 189 millions cette année et 233 millions en 2015, selon le scénario de base. En cumul, de 2013 à 2021, l'Etat encaisserait 1,68 milliard d'euros ! En cas de stress, caractérisé par de moindres remboursements anticipés de crédit à l’habitat et par une hausse de 100 pb du coût de financement, les paiements seront reportés.

Outre le coût du plan social prévu cette année (1.200 postes à supprimer), les comptes seront aussi marqués par un doublement du coût du risque, à 0,6% ou 650 millions, d’ici à 2015. Dans un scénario de stress – chute des prix de 23%, hausse des défauts – le coût du risque passerait à 1,1 milliard. Il devrait ensuite refluer.

Au total, le CIF devrait perdre autour de 90 millions en 2014 et plus de 150 millions l’an prochain, selon le scénario central du plan, puis diminuer ses pertes. Ses fonds propres, qui atteignaient 2,4 milliards lors du sauvetage, retomberont à 1,1 milliard dès 2018. Les actionnaires, issus du monde du logement social, pourront seulement alors espérer un éventuel dividende.

Mais au total, boni de liquidation inclus, ils ne pourront pas toucher plus de 650 millions en valeur nette actualisée à 2013. L’Etat empochera le reliquat éventuel.

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