L’incertitude réglementaire contraindra en 2014 la politique de prêts des banques

le 12/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La production de crédit devrait toujours pâtir l’an prochain des efforts consentis pour renforcer la qualité des bilans, selon Fitch

Illustration: PHB

Les banques européennes s’adonnent selon FitchRatings à un périlleux «exercice d’équilibriste sur le fil réglementaire», devant s’adapter sans cesse à un environnement en constante évolution. Ce qui n’est particulièrement pas encourageant pour le développement de l’offre de crédit. Les vagues réglementaires se succèdent en effet, avec en 2014 l’AQR (revue de qualité des actifs) menée par la BCE ainsi que les tests de résistance de l’Autorité bancaire européenne (EBA).

Fitch n’attend pourtant pas de mauvaises nouvelles de ces examens, dont les résultats devraient être connus à l’automne. Cinq ans avant l’entrée en vigueur effective de Bâle 3, les banques sont généralement déjà en bonne posture. Dans une note sur les perspectives des banques françaises, Fitch veut d’ailleurs croire que les ratios de capitaux vont continuer à s’améliorer l’an prochain, l’intégration de résultats en hausse permettant une progression du capital plus rapide que celle des actifs pondérés du risque, diminuée par la vente d’actifs désormais non stratégiques ou par l’atonie frappant la production de crédit. Si cette dernière a pénalisé les revenus des banques, elle leur a permis de réduire leur exposition notamment au secteur des PME, ce qui n’est pas anodin dans le contexte réglementaire.

Fitch souligne ainsi qu’en moyenne les prêts aux entreprises consomment sous Bâle 3 dix fois plus de fonds propres que les emprunts souverains (près de 5,0% contre moins de 0,5%). Nonobstant le contexte macroéconomique incertain frappant leurs clients, les banques semblent naturellement incitées à un transfert d’actifs de classes fortement pondérées en termes de risques à des classes faiblement pondérées. De fin 2010 à fin 2012, les dettes souveraines au bilan d’un échantillon de seize banques scrutées par Fitch ont bondi de 26% (en hausse de près de 600 milliards d’euros), tandis que l’exposition aux entreprises diminuait de 9% (-400 milliards environ). La tendance se poursuivra en 2014 au sein de banques attendant de voir se stabiliser les règles du jeu, à en croire Stéphane Le Priol, responsable de la recherche crédit d’Axa.

Directeur des affaires internationales de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), Philippe Richard n’a pas nié les contraintes que fait peser l’évolution réglementaire sur les banques, tout en mettant en avant les certitudes que les examens à venir vont apporter quant à la solidité des banques.

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