Santé et prévoyance restent le premier relais de croissance des assureurs français

le 07/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les cotisations d’assurance vie devraient quant à elles rebondir en 2013-2014, selon les dirigeants du secteur interrogés par Eurogroup

L’Accord national sur l’emploi (ANI) n’entame pas l’optimisme des assureurs. Malgré les vifs débats sur la généralisation des complémentaires santé en entreprises en 2016, ce produit et les contrats de prévoyance restent les plus porteurs, selon le 10e Baromètre des décideurs de l’assurance, dévoilé par aujourd'hui Eurogroup Consulting. Sur la trentaine de dirigeants français interrogés, 84% attendent une stabilité ou une augmentation des cotisations santé en 2013 et 2014, un chiffre qui grimpe à 93% en prévoyance.

Les deux familles de produits ont crû respectivement de 5% et 6% en 2012 en France. «En prévoyance, le marché n’est pas saturé, et en santé les primes continuent d’augmenter, explique Maxime Letribot, associé chez Eurogroup Consultant. C’est la première année depuis cinq ans au moins que la tendance à la hausse est inférieure à 50% (34% en santé et 46% en prévoyance, ndlr), mais l’impact de l’ANI sur les cotisations ne devrait pas être visible avant 2015». Par ricochet, les mutuelles de fonctionnaires «pourraient être attaquées» par une concurrence plus vive sur les contrats individuels, dont elles sont spécialistes.

Les professionnels portent aussi un regard positif sur l’assurance vie, après le retour de la collecte cette année, au détriment du Livret A. Seuls 5% anticipent un recul des unités de compte, et 15% des contrats en euro. Pour autant « il n’y a pas de retour à l’âge d’or, pointe Maxime Letribot. Avec la concurrence accrue sur les frais de dossier ou les rendements, les marges vont au mieux se stabiliser, voire se contracter». Malgré les espoirs liés au futur contrat eurocroissance, l’instabilité fiscale est aussi une menace pointée par le secteur.

En assurance dommages, l’auto semble reprendre le chemin de la «guerre des prix», après quatre années de hausse. La moitié des décideurs anticipent une baisse des cotisations, après les rabais annoncés par la Maif et la Maaf, et la loi Hamon qui permettra la résiliation infra-annuelle des contrats. La mesure touchera aussi l’assurance habitation.

Selon le consultant, «tous admettent que ça va augmenter de 5 à 10 points les taux de résiliation», ce qui portera entre «20 et 25% les taux de radiation annuelle» des multirisques habitation. Une aubaine pour les comparateurs en ligne qui vivent du turn-over, mais aussi pour les bancassureurs qui pèsent seulement 14% du marché de l’habitation et 12% de l’auto.

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