L’effet de Solvabilité 2 sur la rentabilité des assureurs reste un mystère

le 23/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les travaux menés par les assureurs avancent, même si le décalage de l'application de la réglementation en a désorienté certains, estime Optimind

Le décalage au 1er janvier 2016, voire 2017, de l’entrée en vigueur de Solvabilité 2, a eu un effet quelque peu démobilisateur sur le secteur de l’assurance. Selon l’enquête d’Optimind Winter sur l’état d’avancement de la réforme auprès des acteurs français (mutuelles, compagnies d’assurance, groupes de protection sociale, etc.), publiée la semaine dernière, 39% des sondés indiquent que le délai supplémentaire a provoqué un ralentissement de leurs travaux et 4% admettent qu’il a eu pour effet un «arrêt presque total». Des proportions non négligeables, même si 53% des répondants n’ont pas ralenti leur marche.

Toutefois, l’état d’avancement a progressé en un an. Concernant le pilier 1 (qui formule les exigences de marge de solvabilité et de capital minimum), 37% des répondants ont achevé leurs travaux et sont en train de les intégrer; chez 14% d’entre eux, le dispositif est déjà opérationnel. Un an plus tôt, seuls 9% avaient mené à bien l’adaptation au pilier 1 (47% indiquaient qu’elle était en cours d’achèvement).

Pour le pilier 2 (qui fixe les règles de gestion des risques), seuls 3% avaient achevé leurs chantiers en 2012, contre 19% cette année. C’est bien entendu sur le pilier 3 (discipline de marché) que l’état d’avancement est le plus réduit: 9% n’ont pas démarré, comme en 2012, et 22% ont déterminé les chantiers mais sans les entamer (26% en 2012).

Le gros changement concerne le modèle de gestion des risques (ORSA). Au moins 84% des institutions interrogées en 2013 ont débuté leurs travaux, contre 40% en 2012. Ceux qui n’ont pas démarré ne pèsent que 7%, contre 63% un an plus tôt.

Sur les conséquences de Solvabilité 2, les avis sont très partagés: 51% estiment que leurs activités resteront toutes rentables, contre 49% pensent qu’au moins l’une d’entre elles ne le sera plus. Au premier rang desquelles la retraite, suivie de l’épargne. «Ces résultats traduisent un marché dans l’expectative, notamment du fait des échanges qui se poursuivent […] dans le cadre des études sur les branches longues. Avec de telles incertitudes, force est de constater que les décalages de l’entrée en vigueur de Solvabilité 2 ne pourront pas être mis à profit pour s’adapter au nouveau cadre prudentiel», estime Optimind Winter.

En termes de gestion du bilan, les professionnels ont intégré le fait que Solvabilité 2 induira une évolution dans l’allocation de l’actif (entre actions, taux et immobilier), mais hésitent dans la direction à donner.

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