La hausse des taux au menu des banques américaines

le 15/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré les déclarations de la Fed, JPMorgan et Wells Fargo ont publié des comptes en hausse

Le siège de JP Morgan. Photo: Scott Eells/Bloomberg

JPMorgan et Wells Fargo inauguraient vendredi la période de publication des comptes des banques américaines au deuxième trimestre, qui va se poursuivre cette semaine. L’une comme l’autre ont surpassé les attentes des analystes: JPMorgan affiche un bénéfice net de 6,5 milliards de dollars, en hausse de 31%, alors que les analystes prédisaient un profit de 5,85 milliards, selon le consensus Bloomberg. Wells Fargo a réalisé un résultat net de 5,52 milliards de dollars (+19%), alors que le marché attendait 5,2 milliards. Mais la remontée des taux longs provoquée par la Fed fait sentir ses effets.

En effet, les deux établissements ont souffert des déclarations récentes de Ben Bernanke, lesquelles ont entretenu le doute quant au maintien des rachats de titres par la Réserve fédérale américaine – et ont déclenché une remontée des taux, qui a pesé sur les marchés et ralenti le mouvement de refinancement de prêts existants.

L’activité de crédit hypothécaire en a subi les conséquences à court terme. La marge nette d’intérêt de JPMorgan (différence entre le coût auquel une banque emprunte et le taux auquel elle prête) est passée de 2,37% au premier trimestre 2013 à 2,2% au deuxième. Celle de Wells Fargo a mieux résisté, mais a malgré tout reculé de deux points de base (pb) à 3,46%.

Les revenus dégagés par les activités de banque de détail des deux groupes, dont les prêts constituent le moteur, ont logiquement souffert. Le pôle consumer and community banking de JPMorgan décline ainsi de 3% (à 12 milliards de dollars) et voit ses bénéfices reculer de 6% (à 3,09 milliards). Plus précisément, le bénéfice net de l'activité de financement hypothécaire a reculé de 14% à 1,1 milliard de dollars. Chez Wells Fargo, le revenu généré par le crédit hypothécaire a reculé de 3%, à 2,8 milliards de dollars.

Marianne Lake, la directrice financière de JPMorgan, a déclaré en conférence de presse que la demande de refinancement de crédits hypothécaires pourrait chuter de 30%, voire 40%, au second semestre. Une prédiction qui, si elle se révélait exacte, pourrait conduire la banque à accentuer le plan de réduction des effectifs du groupe, qui concerne déjà 19.000 salariés.

Toutefois, le profil de risque des deux établissements en banque de détail s’est nettement amélioré avec le redémarrage de la croissance économique notamment aux Etats-Unis. Cette tendance a joué en leur faveur. JPMorgan a pu ainsi reprendre 1,4 milliard de dollars de provisions pour pertes sur crédits. Chez Wells Fargo, le montant des reprises de provisions a atteint 500 millions. Ses provisions pour impayés ont, elles, reculé d’un milliard (à 1,2 milliard de dollars).

Un autre élément exceptionnel explique également la comparaison favorable des comptes trimestriels de JPMorgan: la perte de trading de 6,2 milliards de dollars provoquée par la «baleine de Londres» avait lesté les comptes du pôle de banque d’investissement du deuxième trimestre 2012.

La remontée des taux n’a en outre pas eu de conséquence sur les activités de marché de la banque d’investissement de JPMorgan. Ses revenus de trading ont même progressé de 18%, à 5,37 milliards de dollars, tant dans les produits de taux que dans les actions.

L’effet de la remontée des taux sur les comptes des autres banques américaines sera particulièrement observé par les investisseurs: Citigroup annoncera les siens aujourd’hui, Bank of America mercredi et Morgan Stanley le lendemain.

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