RBS provoque l'ire du marché en se séparant de son directeur général

le 14/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le départ de Stephen Hester à la fin de l'année, a surpris les investisseurs, qui craignent que le processus de privatisation ne s'éternise

L’annonce du départ du directeur général de RBS, Stephen Hester, à la fin de l’année a provoqué une certaine confusion dans la perspective de la privatisation de la banque écossaise, nationalisée fin 2008 suite à la faillite de Lehman Brothers. Son action a fortement chuté hier à la Bourse de Londres, perdant jusqu’à 8,2% en séance, pour terminer en recul de 3,26% (à 315 pence).

Le groupe manie l’ambiguïté sur la nature du départ, alors que Stephen Hester avait accordé un entretien dans le Financial Times le week-end dernier. «Le conseil d’administration estime qu’une succession organisée donnera au futur directeur général le temps de préparer la privatisation et de guider la banque pour les années à venir. Stephen n’a pas pu prendre cet engagement illimité après cinq années passées à son poste», explique le groupe dans un communiqué envoyé mardi soir. Un peu plus loin, le futur ex-directeur général explique: «Mener la privatisation aurait marqué la fin d’une page incroyable de ma carrière; il est préférable pour la société que ce processus soit mené par un dirigeant en début d’exercice».

Les investisseurs ont estimé que ce qui pourrait être considéré comme une bonne nouvelle éloigne cependant la perspective d’une sortie rapide de l’Etat (lequel contrôle 81% du capital de RBS), puisqu’aucun successeur n’a encore été nommé.

Trouver la perle rare sera difficile: le dirigeant devra être expérimenté, rompu aux négociations avec les autorités et les régulateurs, tout en étant irréprochable, alors que de nombreux scandales ont éclaboussé le monde de la finance. «Le moment choisi est surprenant, estiment les analystes de Credit Suisse. Nous ne pensons pas que la décision soit liée à la prochaine remise du rapport de la commission bancaire du Parlement, mais elle pourrait provoquer de nouveaux débats sur la santé et la structure du groupe. Plusieurs pôles d'activités aujourd’hui considérés comme centraux pourraient sortir du périmètre à plus long terme

RBS a d’ailleurs indiqué qu’elle procéderait à de nouvelles suppressions de postes en banque d’investissement. Dans une note envoyée à ses salariés, l’établissement précise que les activités de dérivés actions et de produits structurés pour les particuliers seraient arrêtées. Plusieurs organes de presse britanniques – citant des sources internes – évoquent le nombre de 2.000 réductions de postes. RBS avait déjà annoncé 3.800 suppressions l’année dernière.

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