Le plan 2018 de la Banque Postale prévoit une nouvelle recapitalisation

le 13/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'injection de fonds que recevra la filiale de La Poste en octobre doit lui permettre d'accompagner la croissance de son bilan

Le plan à 2018 de la Banque Postale prévoit une nouvelle recapitalisation - Photo : PhB

La Poste planche sur son plan stratégique à 5 ans. La trajectoire 2013-2018 du groupe devrait être présentée le 4 juillet lors du prochain conseil d’administration. Un programme qui prévoit une nouvelle augmentation de capital pour La Banque Postale, sans doute fin octobre, comme l’ont révélé hier Les Echos. Le sujet a été abordé lors du dernier conseil de l’opérateur postal, le 30 mai.

Le montant de 700 millions à 1,4 milliard d’euros évoqué pour cette nouvelle injection de fonds propres «a été donné de manière purement indicative», relativise un administrateur. Ce renflouement s’ajouterait à une première recapitalisation de 860 millions d’euros en septembre 2011, dont le calendrier s’était révélé pertinent puisqu’il avait permis à la banque d’encaisser le coût de la restructuration de ses emprunts d’Etat grec.

Avec 5,6 milliards d’euros de fonds propres prudentiels qui lui donnaient un ratio de solvabilité core tier one en Bâle 2.5 de 12,1% à fin 2012, la filiale bancaire est à ce jour bien capitalisée. Cela la met «en situation de répondre dès 2013 aux futures exigences réglementaires», sachant que le groupe «prévoit de respecter un ratio common equity tier 1 Bâle 3 fully loaded de 9,5%» cette année, selon son document de référence.

Ce ratio s’est cependant dégradé de 64 points de base l’an dernier. Car la Banque Postale a continué à faire croître son bilan avec le développement d’activités existantes (crédit immobilier, à la consommation) et nouvelles (prêts aux entreprises et aux collectivités). Ses actifs pondérés du risque ont ainsi crû de 10% sur un an en 2012, à 39,1 milliards d’euros. A horizon 2018, l’établissement, moteur de la croissance du groupe postal, devrait continuer sur cette lancée.

Outre l’argument Bâle 3 et l’accompagnement de la progression du bilan, cette recapitalisation devrait consolider la notation de la banque. Celle-ci bénéficie d’un A+ chez S&P et d’un AA- chez Moody’s, en raison de ses liens avec la sphère publique, mais dans les deux cas sous perspective négative. Une note importante pour la gestion des excédents de liquidité de la banque, qui sont replacés sur les marchés auprès de contreparties.

«Cela permet aussi d’envoyer un signal de solidité à l’Autorité de contrôle prudentiel dans la mesure où La Banque Postale affiche encore un coefficient d’exploitation de 85%, supérieur à celui du secteur», note l’administrateur.

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