Les banques accélèrent la mue de leurs réseaux

le 10/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La pression sur les revenus en France et la montée du numérique poussent à des réductions de coûts

Illustration: Audrey Millet

La récession en France et la montée en puissance du canal numérique ont fini par forcer les banques à réagir. Le nouveau plan d’économies de 900 millions d’euros à horizon 2015 annoncé le 7 mai par la Société Générale, soit 5,5% de la base 2012, donne un coup d’accélérateur à la réorganisation de la banque de détail du groupe. Il s’agit cette fois «d’adapter le business model des réseaux France», désormais appelés à fermer des agences. BNP Paribas, qui lance le 16 mai sa «banque digitale», est entrée dans la même logique.

Tout comme le programme Simple & Efficient de sa concurrente de la rue d’Antin, qui prévoit 1,5 milliard d’euros d’investissements sur 2013-2015 pour 2 milliards d’économies, le plan de la Société Générale couvre tous les pays et tous les métiers. La banque de détail, l’assurance et les services financiers spécialisés supporteront cependant la moitié des réductions de coûts visées, soit 450 millions d’euros, contre 300 millions pour le pôle BFI/Gestion et 150 millions pour les directions centrales.

La Société Générale a déjà commencé à présenter à ses syndicats des projets de réorganisation de ses services du siège en France, après avoir signé un accord de méthode pour gérer ces restructurations. Celles-ci recouvrent aussi des transferts d’activités en Roumanie où sont installés des centres de services partagés. L’impact sur l’emploi de ces projets touchera 550 postes, mais Séverin Cabannes, l’un des trois DG délégués du groupe, a évoqué un total de 600 à 700 suppressions en France. Au niveau mondial, les suppressions de postes dépasseront «assez largement» le millier, a indiqué Jean-François Sammarcelli, DG délégué de la banque. Mais la Société Générale ne communique pas plus de détails car elle présente ses différents projets de réorganisation au fil de l’eau.

Le groupe a aussi confirmé des fermetures nettes d’agences en France, après des années d’ouverture dans tous les réseaux. Elles seront au nombre de «quelques dizaines» en 2013-2014, sur un total de 3.200 points de vente, groupe Crédit du Nord compris. «Nous suivons la demande de nos clients. Si le passage vers le numérique est plus rapide que prévu, nous accélérerons» les fermetures d’agences, a précisé sur BFM Jean-François Sammarcelli.

Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, a lui aussi évoqué le 3 mai des fermetures d’agences en France, sans les chiffrer. Pour accompagner la mutation des modes de consommation bancaire, le groupe lancera la semaine prochaine sa «banque digitale» dotée d’une marque et d’une offre de produits en propre, grâce à laquelle il espère conquérir 500.000 clients en cinq ans dont 150.000 transférés des agences.

L’activité de banque de détail a continué à souffrir en France au premier trimestre, en raison des taux bas, de la faible demande de crédits et d’épargne financière, et de la hausse du coût du risque. A la Société Générale, le produit net bancaire baisse de 1,5% et le résultat d’exploitation de 18%. Parmi les grands réseaux, LCL a le plus souffert (-3,7% de PNB sur un an) alors que les caisses régionales de Crédit Agricole et les Caisses d’Epargne affichent des revenus en hausse respective de 3,2% et 1,6% sur un an.

Fermetures d'agences à venir dans les banques françaises. Illustration L'Agefi.
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Fermetures d'agences à venir dans les banques françaises. Illustration L'Agefi.

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