Les banques européennes souffrent du manque de perspectives économiques

le 22/04/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après un «rally» vigoureux au second semestre 2012, leurs titres ont perdu du terrain depuis la fin du mois de janvier

L'Europe sur un billet de 50 euros. Photo: PHB

La fête sur les marchées est-elle finie pour les banques européennes ? La teneur de leurs comptes du premier trimestre – Barclays et Credit Suisse ouvriront le bal des grands établissements mercredi prochain – sera un élément déterminant pour les investisseurs. Ceux-ci ont déjà commencé à s’alléger dans le secteur: le compartiment bancaire (qui agglomère 28 valeurs) de l’indice paneuropéen Eurostoxx 600 a perdu près de 19% depuis le 28 janvier, séance à l'issue de laquelle il arriva au terme de sa remontée entamée en juillet dernier.

Ce mois-là, Mario Draghi, alors président de la Banque centrale européenne, avait déclenché le début du rally en déclarant que l’euro serait sauvé coûte que coûte. Cette déclaration a été appuyée par les efforts des établissements pour réduire la taille de leur bilan et équilibrer leur profil de liquidité, même si du chemin reste à faire dans ce domaine, en particulier pour les acteurs français. En réaction, les valeurs bancaires européennes se sont appréciées de 75% entre le 24 juillet et le 28 janvier 2013, mettant fin à deux ans et demi de purgatoire et surperformant nettement le marché (+25,6% pour l’Eurostoxx 600).

Mais la crise chypriote a tempéré les ardeurs des investisseurs et rappelle que la zone euro n’a pas levé toutes ses hypothèques. En outre, l’absence de perspectives économiques à moyen terme en Europe limite le potentiel des établissements à dégager des rendements significativement supérieurs au coût du capital. «Avec une valorisation moyenne d’une fois leur valeur comptable, les actions de banques européennes, pour la plupart, ont plus de chance de baisser que de s’apprécier», indique Erin Davis, analyste chez Morningstar.

Sans être équivalente à la deuxième moitié de 2011 et au premier semestre 2012, l’instabilité des marchés demeure néanmoins. Cette situation pèse sur les perspectives de résultats dans les activités de banque d’investissement – d’autre plus que les établissements européens ne sont pas en première ligne pour bénéficier du regain d’activité sur les marchés primaires aux Etats-Unis. «En l’absence de direction ferme, nous nous attendons à ce que l’attention des investisseurs se concentre sur les mesures d’économies des établissements européens et sur leur capacité à générer des fonds propres», estiment les analystes de Credit Suisse.

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