Le groupe HSBC a continué de payer ses errements passés en 2012

le 05/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré ses plus-values de cessions, le bénéfice imposable de la banque sino-britannique baisse de 6% à cause des litiges et de sa dette propre

HSBC est restée l’an dernier dans le trio de tête des banques occidentales les plus profitables, derrière JPMorgan et Wells Fargo, mais son bénéfice net a fondu de 16%, à 14 milliards de dollars (10,8 milliards d’euros). Première banque européenne par sa capitalisation boursière, elle a déçu les marchés en publiant hier un résultat imposable en baisse de 6% l’an dernier, à 20,6 milliards de dollars. Signe du changement de modèle de HSBC, l’Asie a engrangé 18 milliards de profits alors que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont en perte.

L’exercice a été marqué par plusieurs scandales, avec la clé une amende de 1,9 milliard de dollars aux Etats-Unis pour mettre fin aux poursuites pour complicité de blanchiment, 1,4 milliard de provisions liées aux pratiques commerciales abusives dans l’assurance crédit en Grande-Bretagne où la banque a aussi passé 600 millions de «crédit non récurrent» dans le dossier des régimes de retraites à prestation définie. A ces dossiers litigieux s’ajoute une charge de 5,2 milliards liée à la réévaluation de la dette propre du groupe.

La vente de sa part dans l’assureur chinois Ping An et de ses activités cartes et banque de détails aux Etats-Unis et les autres produits de cession ont en revanche rapporté 7,5 milliards de dollars à HSBC. Au cours de l’exercice, le groupe a cédé ou fermé 26 activités ou investissements «non stratégiques», et quatre de plus début 2013. Au total, 47 opérations de ce type ont été menées depuis début 2011.

Au-delà des éléments non récurrents, «nous avons augmenté nos revenus, réalisé une bonne performance dans la plupart des marchés en forte croissance et connu une année record dans la banque d'entreprises», a déclaré Stuart Gulliver, directeur général du groupe. Les revenus ont progressé de 7%, à 73,5 milliards de dollars, mais le ratio des coûts sur revenus s’est dégradé à 62,8% (-5,3 points), alors que la banque vise entre 48 et 52%.

«Les profits étaient légèrement en dessous du consensus au vu des revenus plus faibles (qu’attendu, NDLR), et bien que le message sur le capital et les dividendes soient rassurants», écrivent les analystes de Credit Suisse. HSBC affiche fin 2012 un ratio core tier 1 de 12,3 % en Bâle 2,5 et de 9% en Bâle 3. Le dividende va quant à lui progresser de 10%, à 0,45 dollar au titre de 2012.

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