Les investisseurs crédit encaissent la dégradation de Banque PSA en «junk»

le 18/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les obligations sortent des indices investment grade. Les ventes forcées devraient être limitées, et la banque a garanti son financement jusqu'en 2015

Les 7 milliards d’euros de garanties publiques apportées par l’Etat n’auront pas suffi. Banque PSA fait désormais partie de la catégorie spéculative, après l’abaissement d’un cran de sa note par S&P à BB+ le 14 février, dans la foulée de la dégradation de sa maison mère. La captive de financement de Peugeot Citroën paie l’effondrement des ventes du constructeur sur le marché européen. «En raison d’une probable contraction du portefeuille de prêt et d’une hausse des coûts de financement, la marge d’intérêt de Banque PSA Finance pourrait décliner en 2013-2014», souligne S&P, en rappelant que l’encours de la banque est passé de 24,3 à 23,1 milliards d’euros en un an.

La réaction a été immédiate sur les marchés de crédit vendredi, avec une baisse des prix des obligations Banque PSA. Celles-ci vont en effet sortir des indices IBoxx investment grade à la fin du mois, une perspective qui a entraîné des mouvements de vente de la part d’investisseurs ne pouvant s’exposer à la catégorie haut rendement. Six titres – cinq en euros et un en franc suisse – intégreront en revanche l’indice Pan European high yield de Barclays, pour un total de 4,4 milliards d’euros, indiquent les analystes crédit de la banque britannique.

Ceux-ci conseillent d’ailleurs à leurs clients de profiter du mouvement vendeur de vendredi pour se renforcer. «Nous pensons que la sous-performance des obligations Banque PSA Finance devrait rester limitée: les vendeurs forcés qui ne peuvent pas s’exposer au high yield ont déjà réduit le gros de leur exposition car une possible dégradation en high yield était sur la place publique depuis juillet 2012», précise dans une note Christophe Boulanger, analyste de Barclays.

Le passage en catégorie spéculative ne devrait pas trop peser sur les perspectives de refinancement, ajoutent les analystes d’ING. Comme le soulignait vendredi la captive, le financement est assuré sur 2013-2015: à la garantie d'Etat, qui court sur cette période sous réserve du feu vert définitif de Bruxelles, s’ajoutent 11,5 milliards d’euros de crédits bancaires renégociés en décembre.

Enfin, inspirée par le succès du compte Zesto chez son concurrent RCI Banque, la filiale de PSA doit lancer au premier semestre un livret d’épargne pour collecter des dépôts.

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