La suppression du prêt à taux zéro a pesé sur le crédit immobilier

le 25/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour l'Observatoire Crédit Logement-CSA, la production de prêts immobiliers a chuté de 26,4% en 2012. L'arrêt du PTZ et la crise ont pesé

La suppression du prêt à taux zéro a pesé sur l'accession à la propriété. Photo: PHB

La production de prêts immobiliers en 2012 a chuté de 26,4% par rapport à 2011 hors rachat de prêts, selon l’Observatoire Crédit Logement-CSA qui ne chiffre pas le volume de prêts accordés. Selon un autre organisme l’observatoire de la production de crédit immobilier (OPCI), la production pour 2012 devrait se situer autour de 120 milliards d’euros contre 161,6 milliards en 2011. Pour 2013, la production de crédits est attendue à 110 milliards. Plusieurs facteurs ont alimenté le repli du marché: la crise économique, la hausse des prix mais aussi la disparition du dispositif de PTZ+ (prêts à taux zéro) dans l’ancien fin 2012.

Après une chute de la production au premier semestre, le marché est resté atone l’été dernier avant un redressement en octobre et novembre, les investisseurs ayant profité à plein du PTZ+ dans l’ancien, disparu fin 2012. «Alors que la place de l’accession sociale à la propriété avait été préservée durant la crise de 2008-2009, il n’en est plus de même depuis le déclenchement de la crise des dettes souveraines. La suppression des PTZ+ dans l’ancien a aussi fortement affecté la demande des ménages les plus modestes», a indiqué Michel Mouillart, professeur d'économie et auteur de l’étude de l’observatoire Crédit Logement. Le nouveau PZT + affiche quant à lui des plafonds de ressources abaissés, ce qui restreint la population éligible.

Les banques ont par ailleurs restreint la durée des prêts. La part de la production à 25-30 ans est passée de 23% à 17,4% en un an, alors que la proportion des prêts accordés à 15-20 ans gagne 5 points, à 30,4%. 

La demande a décroché malgré l’amélioration des conditions de crédit. Dans un contexte de taux bas, le taux moyen pour le crédit à l’habitat dans l’ancien a atteint en décembre un plus bas historique à 3,22%. La faiblesse des volumes a permis le ralentissement de la hausse des prix. «L’effondrement des prix anticipé par certains n’a pas eu lieu», note Michel Mouillart. Selon l’observatoire, les prix des logements anciens ont augmenté de 1,6% en moyenne contre 3,5% en 2011. «Pour 2013, nous ne voyons pas de krach», ajoute Jean-Marc Vilon, directeur général de Crédit Logement qui dit avoir enregistré une hausse de 10% des crédits immobiliers en janvier sur un an.

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