Le Trésor américain laisse finalement AIG voler de ses propres ailes

le 11/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Trésor cède le solde de sa participation au capital de l’assureur, soit 15,8% pour quelque 7,6 milliards de dollars

American International Group poursuit sa mue. Au lendemain de l’annonce par l’assureur américain de la signature d’un accord avec un consortium chinois concernant la vente du loueur d’avions ILFC pour près de 5 milliards de dollars, c’est le Trésor américain qui a créé l’événement hier soir en faisant part de sa sortie définitive du capital d’AIG. Le Trésor a annoncé la cession de 234,2 millions de titres représentant 15,8% du capital. Des sources concordantes indiquaient cette nuit que les actions avaient été placées au prix unitaire de 32,5 dollars (contre un cours de clôture de 33,36 dollars à la Bourse de New York hier), soit un placement total de 7,6 milliards, mené tambour battant sous la baguette de Bank of America Merrill Lynch, Citigroup, Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan.

Si l’opération était attendue, elle n’en demeure pas moins hautement symbolique car elle marque le terme de l’un des symboles du sauvetage du secteur financier consenti en 2008 par la puissance publique américaine. Il s’agit de la sixième opération de cession de titres par le Trésor, qui a détenu jusqu’à 92% d’AIG. Ce dernier a depuis lors changé de visage, notamment en introduisant en Bourse AIA en Asie et en recentrant ses activités. A fin 2011 déjà, le groupe avait maigri de moitié par rapport à fin 2007, avec des actifs ramenés de 1.000 à 550 milliards et des effectifs de 116.000 à 57.000.

Mieux, alors qu’AIG a retrouvé son appétit de croissance sur des bases remodelées, sous la houlette depuis l’été 2009 de son directeur général Robert Benmosche, son sauvetage s’avère être une bonne affaire financière pour le contribuable américain. A mi-septembre, lors de la précédente cession de titres, ce gain était estimé à 15 milliards de dollars. Le fait d’engranger un bénéfice sur cet engagement massif paraissait tout à fait inconcevable en 2008, alors que Washington avait engagé 182 milliards de dollars. Une issue que ne partagent pas l’ensemble des dossiers épineux traités par les pouvoirs publics américains, le Trésor estimant à l’heure actuelle le coût du Tarp (Troubled asset relief program) pour les finances publiques à 60 milliards de dollars.

Le titre AIG affiche en parallèle cette année un parcours boursier flamboyant, avec une progression de 44%, et Robert Benmosche s’est même permis en septembre dernier d’évoquer le retour du dividende pour l’an prochain. Le Trésor laisse de nouveaux actionnaires en profiter.

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