Le succès du Livret A dégrade la liquidité des banques

le 10/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La décollecte des comptes sur livrets fiscalisés a atteint un record de 12,4 milliards d'euros en octobre, témoignant de transferts massifs

La Banque de France confirme ce que l’on pressentait: la collecte record de 21,3 milliards d'euros enregistrée au mois d'octobre sur les Livrets A et les Livrets de développement durable s'est faite en grande partie au détriment des autres comptes sur livrets. La décollecte sur les livrets d'épargne soumis à l'impôt a en effet atteint 12,4 milliards d'euros en octobre, un record absolu, le précédent datant de mai 2009 avec seulement 2,2 milliards retirés. La somme a probablement été transférée sur le Livret A et le LDDà l'occasion du relèvement du plafond des deux produits le 1er octobre (25% pour le premier et doublement pour le second). L’encours est retombé à 182 milliards d’euros.

Les dépôts à vue, qui avaient beaucoup augmenté depuis, ont également reculé de 5 milliards d'euros, accréditant là aussi l’hypothèse d’un transfert, même si cette catégorie de produits est plus coutumière de ces variations.

Les banques sont les grandes perdantes de ce mouvement, puisqu’elles voient sortir des liqudités qu’elles conservent à 100% dans leur bilan, au profit d'une épargne centralisée en moyenne à 65% à la Caisse des dépôts. «Cette situation aura des répercussions prudentielles auxquelles l’ACP sera attentive», indique l’Autorité de contrôle prudentiel dans une étude sur les bancassureurs publiée le 7 octobre et qui montre que ces derniers ont enregistré une meilleure collecte que celle du marché à la fois sur les produits bancaires et l’assurance vie. Les banques réclament d’ailleurs un assouplissement de la contrainte de centralisation de l’épargne réglementée – le chiffre de 50% circule –, à l’occasion des travaux des députés Karine Berger et Dominique Lefebvre sur la réforme de l’épargne, dont le rapport est attendu début janvier.

Les banques sont les grandes perdantes de la collecte.
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Les banques sont les grandes perdantes de la collecte.

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