L’Elysée entérine la préservation d’une partie de l'activité du CIF

le 28/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’accession sociale à la propriété sera protégée et pérennisée. Une fois de plus, la Banque Postale est appelée à contribution

L’idée d’un sauvetage partiel de l'activité du Crédit Immobilier de France (CIF) avance à petits pas. A l’issue d’une réunion de travail avec le secrétariat de l’Elysée, l’établissement a diffusé un communiqué qui, s’il confirme sa disparition dans sa forme actuelle, pérennise le financement de l’accession à la propriété – et en conséquence une partie de ses effectifs et de ses systèmes.

«Un calendrier a été fixé pour proposer d’ici à la fin de l’année la création d’une entité dans le cadre d’une discussion conduite par le ministère de l’Economie et des Finances avec la direction du CIF et la Banque Postale, afin d’assurer la prise en charge de la clientèle sociale du CIF dans le contexte économique et bancaire actuel», indique le groupe. Contactée, sa direction n’a pas souhaité faire de plus amples commentaires. Certains points restent à discuter.

L’un des principaux concerne évidemment la forme que prendrait cette «entité». Michel Bouvard, l’actuel président du CIF et ancien président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, avait notamment imaginé la reconnaissance de l’accession à la propriété sociale comme un service d’intérêt économique général (SIEG), solution qu’il a présentée hier à l’Elysée et qui a l'avantage de pouvoir être plus facilement reconnue par la Commission européenne. La gestion du SIEG aurait été confiée à une «bridge bank», une sorte d’entité intérimaire qui reprendrait une petite partie des encours du CIF et développerait les prêts immobiliers pour une clientèle sociale. La structure serait cantonnée un certain temps au sein du CIF, puis serait cédée à un autre établissement. Quand au CIF, il gérerait jusqu’à extinction le solde de ses encours.

Reste également à déterminer le rôle exact de la Banque Postale, régulièrement sollicitée ou citée lorsqu’il s’agit de pallier les faiblesses du secteur financier français (prêts aux collectivités locales, financement des PME, etc.) en raison de son abondante liquidité. Si l’on reprend l’une des solutions évoquées la semaine dernière par Michel Bouvard, la nouvelle structure serait transformée en banque.

Le 21 novembre, à l'Assemblée, le nouveau PDG du CIF a jugé essentiel de ne pas mettre l'établissement en run off intégral. Une extinction pure et simple pourrait mettre en péril le boni de liquidation du groupe, que l'ex-député de la Savoie estime entre 1 et 3 milliards d'euros.

A lire aussi