Le marché russe des IPO reflète à merveille la fébrilité des investisseurs

le 16/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Promsvyazbank a renoncé à son introduction à Londres et Moscou du fait d’une demande insuffisante, quelques semaines après le succès de Sberbank

A Moscou comme ailleurs en Europe, le marché des introductions en Bourse joue aux montagnes russes, soulignant les valses hésitations des investisseurs face aux offres de titres. Quelques semaines seulement après le succès de l’opération menée par le principal prêteur russe, Sberbank, dont l’Etat a cédé une part de ses titres existants à Londres et à Moscou pour plus de 5 milliards de dollars, la troisième banque privée du pays par la taille du bilan, Promsvyazbank (PSB), y a renoncé hier. Le prêteur souhaitait récolter jusqu’à 414 millions de dollars mais a reconnu que la demande était insuffisante. PSB a indiqué que l’opération pourrait bien avoir lieu à l’occasion d’une amélioration des conditions de marché. Pour autant, bien qu’ayant fait part de sa «déception» face à la frilosité du marché, la banque souligne avoir reçu des marques d’intérêt dignes d’attention pour une transaction privée.

Après Sberbank et avant l’offre attendue de la part de son dauphin VTB l’année prochaine, les investisseurs ont semble-t-il perdu l’appétit pour des valeurs de seconde catégorie. La capitalisation de Nomos Bank, dernier établissement privé (Sberbank et VTB sont contrôlés par l’Etat, PSB par les frères milliardaires Ananiev à près de 90%, aux côtés notamment de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd)) à avoir franchi le pas d’une IPO au printemps 2011, correspond selon Bloomberg à 5,5 fois le bénéfice 2012 attendu, contre un multiple de 8,2 en moyenne pour l’ensemble des prêteurs des marchés émergents. Même les titres Sberbank cotés à Londres ont perdu 5% de leur valeur depuis leur introduction le 18 septembre.

Le secteur bancaire n’est pas seul à animer la cote moscovite. Le numéro deux national de la téléphonie mobile, MegaFon, vise selon des sources citées cette nuit par Bloomberg, une valorisation initiale de 10 à 11 milliards de dollars. Ce qui lui permettrait de susciter une demande bien supérieure à l’offre au regard d’une valorisation par les comparables allant de 12 à 16 milliards. Certes, là encore comme dans le cas de Sberbank, aucun nouveau titre ne serait émis, l’opération consistant en un allègement de la part du suédois TeliaSonera et par la vente d’actions auto-détenues. La semaine passée, l’opérateur de maternité MD Medical Group a bel et bien levé 300 millions de dollars à l’occasion de son entrée en Bourse de Londres.

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