Barclays se renforce en banque de détail en mettant la main sur ING Direct UK

le 10/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque britannique s’empare de 10,9 milliards de livres de dépôts et de prêts hypothécaires d’une valeur résiduelle de 5,6 milliards

Un peu plus d’un mois seulement après sa nomination fin août en tant que directeur général de Barclays, Anthony Jenkins lance la banque britannique dans une opération de croissance externe.

En toute logique dans un contexte de profonde réflexion quant au sort de l’activité de banque d’investissement au sein de Barclays, minée par le scandale de manipulation du taux interbancaire Libor ayant entraîné la chute du prédécesseur d’Anthony Jenkins, Robert Diamond, le nouveau maître à bord a saisi une opportunité dans la banque de détail. Il dirigeait d’ailleurs jusqu’à cet été cette activité au sein de la banque.

Hier, Barclays a ainsi indiqué être convenu de racheter l’activité de banque à distance au Royaume-Uni d’ING, ING Direct UK. La transaction, dont la finalisation est attendue au deuxième trimestre 2013, passe par le transfert de 750 salariés et d’un portefeuille composé au 31 août de 10,9 milliards de livres de dépôts (13,5 milliards d’euros) et de crédits immobiliers d’une valeur résiduelle de 5,6 milliards. Barclays précise que ce dernier montant représente la moitié environ de la valeur des biens financés (ratio loan to value de 50%) au 31 août, et que l’accord valorise ces prêts avec une ristourne voisine de 3%. Le montant total de la transaction, qui offre à Barclays l’accès à 1,5 million de nouveaux clients, n’a toutefois pas été précisé. ING avance que la transaction engendrera une perte après impôt de 320 millions d’euros.

Analyste chez Investec, Ian Gordon estime que cette opération réduisant la dépendance envers la banque d’investissement est source potentielle de création de valeur pour Barclays, si tout du moins l’intégration de cette activité ayant dégagé une perte imposable de 89 millions de livres l’an passé est réussie. L’impact immédiat sur le ratio Core Tier One n’est pas significatif, selon Barclays.

De son côté, ING franchit une nouvelle étape. Le groupe néerlandais avait annoncé début août sa décision de sortie du marché de la banque de détail outre-Manche, dans le cadre de sa cure d’amaigrissement visant au remboursement des 10 milliards d’euros de deniers publics consacrés à son sauvetage durant la crise. ING, qui avait créé ING Direct UK en 2003, avait déjà annoncé cette année la cession de sa banque en ligne aux Etats-Unis (à Capital One) et au Canada (à Bank of Nova Scotia).

A lire aussi