Groupama met ses porteurs obligataires à contribution

le 08/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'assureur ne payera pas le coupon de ses TSS 2007. En réaction, Fitch a dégradé la note de Groupama, à la grande surprise de ce dernier

Groupama met ses porteurs obligataires à contribution. Photo: PHB

Une décision apparemment anodine peut coûter cher. Groupama vient d’en faire l’amère expérience. Quelques heures après que l’assureur mutualiste a notifié au marché qu’il ne verserait pas, le 22 octobre, le coupon annuel de titres super subordonnés (TSS) émis en 2007, Fitch dégradait les notes de solidité financière attribuées à l'assureur et à ses filiales, ainsi qu’à l’ensemble de ses instruments de dette hybride.

La nouvelle note est BB+, soit en catégorie spéculative, contre BBB, avec une perspective négative. L’agence «est préoccupée par les conséquences possibles de la décision de Groupama sur sa réputation […]. Sa marge de manœuvre financière se réduira dans la mesure où nous pensons que son accès aux marchés sera fortement limité dans un avenir proche».

Du côté de l’assureur, on tombe des nues. Contacté par L’Agefi, il fait valoir que les TSS en question disposent d’une option de non-paiement du coupon, exerçable sous certaines conditions, lesquelles ont été respectées. Il estime d’autre part que l’agence est en contradiction avec elle-même puisque le non-paiement a un effet favorable – certes très léger – sur la solvabilité, critère a priori central pour établir une note de crédit. Le principal des TSS atteint un milliard d’euros: Groupama économise ainsi 63 millions bruts.

Quant au risque sur une restriction d’accès aux marchés, Groupama souligne que la note de crédit est un critère davantage déterminant pour un investisseur que le non-paiement conforme d’un coupon.

Dans sa notification aux porteurs, le groupe justifie sa décision par le plan d’actions exceptionnel mis en place début 2012, «destiné à renforcer les capitaux propres du groupe qui associe toutes les parties prenantes: les investisseurs porteurs de TSS 2007, les caisses régionales et les salariés». Afin de prévenir toute interprétation négative, son directeur général Thierry Martel a précisé à l’AFP que le régulateur a «été laissé complètement en dehors du processus de décision».

Peine perdue. Dans son communiqué, Fitch avertit qu’elle pourrait aller plus loin. Une nouvelle dégradation surviendrait en cas «d’autres non-paiements de coupons, de dégradation de la solidité financière du groupe […] et de l’absence de redressement des souscriptions dans l’assurance». Pour ne rien arranger, Standard & Poor’s a fait savoir vendredi qu’elle évaluait les conséquences de la décision de Groupama.

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