Covéa se réorganise pour gagner en puissance de feu

le 20/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'assureur veut créer une holding détenue par les mutuelles. Objectif: faire remonter du capital et accélérer la prise de décision en vue d'acquisitions

Thierry Derez, le PDG de Covéa, veut gagner en agilité. L’assureur vient de lancer une vaste réorganisation juridique et financière, ont indiqué des sources proches à L’Agefi. Le projet prévoit la création d’une société anonyme holding, Covéa Coopération, qui sera détenue par les différentes mutuelles (MMA, Maaf, GMF…) aujourd’hui associées à travers la Société de groupe d’assurance mutuelle Covéa.

Cette holding sera en retour actionnaire à 100% de filiales opérationnelles. Le groupe, qui ne fait pas de commentaires, veut aller vite, avec une mise en place dès le 1er janvier 2013.

Covéa gagnerait en muscle. La SGAM revendique 9 milliards d’euros de fonds propres à fin 2011. «Mais il reste beaucoup de réserves et de plus-values latentes au niveau des mutuelles», relève un observateur. Ce montage permettrait d’en faire remonter une partie au niveau de la holding pour en porter les fonds propres à 15 milliards d’euros, confient deux sources à L’Agefi.

La prise de décision en sera aussi facilitée. Le conseil de Covéa Coopération compterait 18 membres, six pour chacune des trois maisons du groupe. Outre Thierry Derez, on y retrouverait Jean-Claude Seys, fondateur de Covéa et vice-président du conseil d’administration, et Christian Baudon, le directeur général des MMA. C’est ce conseil, qui, demain, voterait par exemple une acquisition d’envergure, alors que la gouvernance de l’assureur requiert pour l’heure le feu vert des trois conseils de MMA, Maaf et GMF.

En interne, le projet a été présenté comme «une évolution, pas une révolution». Covéa adopterait pourtant un modèle déjà choisi par Groupama ou par Axa. «Encore plus qu’aujourd’hui, Thierry Derez aurait les coudées franches pour mener à bien ses projets», estime une source interne.

Cette réforme devrait relancer les spéculations sur d’éventuels projets de croissance externe. Le nom du groupe a circulé depuis un an comme repreneur potentiel de Groupama en raison des difficultés de son concurrent, lui-même affaibli par une politique de développement mal maîtrisée, notamment à l’international.

Un écueil que devra d’ailleurs éviter Covéa dans sa nouvelle configuration. Certains gardent toujours en mémoire le rapprochement avorté avec Ethias en juillet 2008, quelques semaines avant que la sous-capitalisation de la mutuelle belge, sauvée par l’Etat, n’éclate au grand jour. Un projet porté à l’époque par Thierry Derez.

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