Le CIF voit se profiler un risque de gestion extinctive de ses activités

le 29/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Face à une probabilité accrue de réalisation de ce scénario, l’agence Moody’s a dégradé de trois crans la note de la dette long terme du prêteur

L'enseigne du Crédit Immobilier de France dans une rue de Lille. Photo: PHB/Agefi

Moody’s a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation du Crédit Immobilier de France (CIF). Après avoir abaissé en mai la note de solidité financière du prêteur immobilier spécialisé (de C/A3 à E/Caa1), l’agence de notation a dégradé hier de trois crans la note de sa dette long terme, de A1 à Baa1.

La note de la dette court terme est passée simultanément de Prime 1 à Prime 2, tandis que la note des obligations sécurisées (covered bonds) de CIF Euromortgage, qui assure le refinancement des créances à l’habitat produites par le CIF, a été abaissée de Aaa à Aa1. Le CIF, qui n’a pas souhaité commenter ces informations, est l’un des derniers spécialistes indépendants du secteur. Prêtant à long terme et ne disposant pas de dépôts, l’établissement dépend dès lors intégralement des marchés pour se refinancer.

Ces dégradations «reposent sur la probabilité croissante d’un scénario de gestion extinctive» des activités du CIF, a expliqué Moody’s, qui conserve les notes sous surveillance, laissant la voie ouverte à de nouvelles dégradations.

Le scénario, qui impliquerait que l’établissement mette fin à la production de nouveaux crédits et se concentre sur l’accompagnement à leur terme des contrats existants, n’est toutefois pas celui privilégié par les autorités françaises. Celles-ci entendent trouver une solution, devant résulter en la reprise du CIF par un investisseur de long terme, a souligné l’agence.

Alors que le CIF avait mandaté en juin dernier la banque HSBC en vue de trouver une banque de dépôt sur laquelle s’adosser, la Banque Postale, sollicitée par les pouvoirs publics, avait manifesté en juin un intérêt poli, mais aucune offre n’a pour le moment été déposée.

«Le CIF a eu recours en février dernier au deuxième LTRO (opération de refinancement à long terme) pour un montant très important de 3,1 milliards d’euros (soit plus de 7% du total de bilan), lui permettant d’assurer ses refinancements à court terme jusqu’en 2013. Le problème de liquidité reste ouvert et la banque deviendra trop dépendante à la liquidité de la BCE à partir de fin 2013», estime Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon à Paris.

«Si un adossement à la Banque Postale n’aboutit pas, le CIF nécessitera une garantie de l’Etat ou une nationalisation partielle d’ici mi-2013», ajoute Marnik Hinnekens.

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