Bruxelles propose d'inclure la manipulation des indices dans la directive Abus de marché

le 09/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Commission européenne réagit à l'affaire du Libor, tandis que Barclays, l'un de ses principaux protagonistes, doit en gérer les conséquences

La révision de la directive Abus de marché, qui poursuit son chemin au Parlement européen, pourrait prendre en compte la récente manipulation du Libor. «Je vais proposer d'étendre le champ d'application pour couvrir efficacement la manipulation des indices, ce qui inclut le Libor», a déclaré dimanche le Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, Michel Barnier, lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence.

Arlene McCarthy, qui a déposé au printemps le projet de rapport auprès de la Commission économique et monétaire du Parlement et les propositions d’amendements des parlementaires, en a déjà discuté avec Michel Barnier. La parlementaire, d'origine britannique, et le Commissaire ont discuté de la manière dont certaines parties du texte pourraient être retravaillées afin de traiter la manipulation des taux interbancaires comme un délit pénal.

«Quiconque pense à manipuler les marchés doit savoir qu'il s'exposera à des sanctions, dont certaines pourront éventuellement être pénales», a renchéri Michel Barnier. La Commission européenne s'empare ainsi du sujet dans le sillage des autorités. Le Serious Fraud Office, agence britannique spécialisée dans la lutte contre la fraude, a ouvert une enquête criminelle le 6 juillet, rapidement suivie par le département américain de la Justice. Les régulateurs sont également de la partie. Dernière en date, la Bafin, l'autorité allemande de surpervision des marchés financiers, s'intéresse au cas de Deutsche Bank, selon Reuters. Les conclusions de l'enquête ne sont pas attendues avant la mi-juillet.

Barclays, qui a préféré s'acquitter d'une amende record pour solder les poursuites, doit désormais gérer les conséquences directes de cette affaire. D'après le Sunday Telegraph, le conseil d'administration de la banque demandera au directeur général démissionnaire, Bob Diamond, d'abandonner au moins une partie d'un package de départ estimé à quelque 17 millions de livres.

Auditionné la semaine dernière devant le Parlement britannique, l'ex-dirigeant a admis des «erreurs» et des «comportements répréhensibles» au sein de la banque. Une autre audition, qui doit se tenir aujourd'hui au Parlement, est également très attendue, il s'agit de celle du numéro deux de la Banque d'Angleterre, Paul Tucker. Par ailleurs, selon le Sunday Times, le conseil de Barclays envisagerait une scission du groupe et une cotation de la banque d'investissement à New York.

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