La consolidation bancaire en Europe a fortement ralenti au premier trimestre

le 15/06/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le montant des transactions annoncées dans la finance a globalement reculé de plus de 40% d’un trimestre sur l’autre, selon le cabinet PwC

Illustration: Fotolia

Les fusions et acquisitions au sein du secteur financier européen n’ont pas brillé par leur dynamisme au premier trimestre 2012, selon une étude tout juste publiée par PwC. D’un trimestre sur l’autre, le montant des opérations annoncées a chuté de 40,5% à 9,7 milliards d’euros, tandis qu’en rythme annuel la baisse s’est limitée à 1%. Le trimestre écoulé a été marqué par la cession de l’activité de crédit-bail aéronautique de RBS à Sumitomo Mitsui pour l’équivalent de 5,8 milliards d’euros, soit près de 60% du total annoncé sur la période. En excluant cette transaction, le montant trimestriel «serait l’un des plus faibles enregistrés au cours des neuf dernières années», souligne le cabinet d’audit.

Les banques ont été particulièrement délaissées avec seulement 1,9 milliard de transactions contre une moyenne de 6,6 milliards au cours des huit précédents trimestres. La fusion entre CaixaBank et Banca Civica en Espagne et la cession de Kredyt Bank, filiale de KBC en Pologne, à Zachodni Bank, filiale de Santander, ont représenté la quasi-totalité du montant des opérations annoncées sur des cibles bancaires.

Dans le cadre de son plan de cession d’actifs non stratégiques, KBC a également vendu l’assureur polonais Warta à l’allemand Talanz associé au japonais Meiji Yasuda, ce qui reflète l’attrait de certains acteurs asiatiques pour les assureurs d’Europe centrale et orientale. De son côté, le segment du private equity a fait preuve d’un intérêt particulier pour les sociétés spécialisées dans la gestion de fortune ou l’administration de fonds, au détriment de secteurs plus capitalistiques et régulés comme la banque et l’assurance.

Le déclin des transactions inférieures à 500 millions d’euros s’est poursuivi sur la période. Déstabilisés par «la volatilité des marchés financiers, une conjoncture incertaine et un accès limité au financement par la dette», les acquéreurs potentiels ont en effet éprouvé des difficultés grandissantes à valoriser leurs cibles.

«En raison du ralentissement de la croissance dans certains pays et de la mise en place d’exigences de fonds propres plus strictes, les sociétés du secteur des services financiers sont contraintes de renforcer leur bilan tout en cherchant de nouvelles opportunités de croissance sur leur cœur de métier», résume Hervé Demoy, associé PwC spécialiste des transactions dans le secteur financier.

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