Les banques espagnoles encaissent le choc des dégradations

le 21/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Moody's pointe du doigt les créances douteuses, qui ont encore augmenté en mars selon la Banque d'Espagne

Le siège de Bankia à Madrid. Photo: Denis Doyle/Bloomberg

Les marchés ont plutôt bien digéré la dégradation, attendue, de 16 banques de un à trois crans annoncée par Moody's jeudi dernier. Vendredi, les titres Santander et BBVA ont progressé respectivement de 2,97% (4,5 euros) et 3,69% (4,9 euros) à la Bourse de Madrid alors que la note des deux établissements a été ramenée d’AA3 à A3. Sur le marché obligataire, leurs titres n’étaient que peu malmenés. L’action de Bankia, l’établissement au secours duquel s’est porté l’Etat espagnol il y a quelques jours a même affiché un rebondi de 23.49% (1,7 euro). Jeudi dernier, des rumeurs de retraits de dépôts massifs, démenties par le gouvernement, avaient fait plonger l’action de plus de 14%.

Moody’s a justifié ses dégradations par la récession économique qui touche l’Espagne. Selon l’agence, la situation macroéconomique ne devrait pas s’améliorer cette année. Elle invoque également la dégradation du pays en février de deux crans à A3 qui réduit de fait la capacité de l’Etat à soutenir le secteur bancaire et souligne les difficultés des banques à accéder au marché dans le contexte de crise. Enfin, l’agence s’inquiète aussi de l’augmentation des défauts sur les prêts aux ménages et aux entreprises.

Selon les chiffres publiés par la Banque d’Espagne vendredi, le taux des créances douteuses est passé de 8,30% des encours à 8,37% entre les mois de février et mars. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis près de 18 ans. Le gouvernement de Mariano Rajoy vient de demander aux banques de passer 30 milliards d'euros de provisions pour faire face à leur exposition au secteur immobilier. En février dernier, l’exécutif avait déjà exigé que les banques passent 53 milliards d’euros de provisions.

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires de l’Union, Olli Rehn a assuré vendredi que l’Espagne n’aurait pas besoin de l’aide européenne pour redresser le secteur bancaire soulignant que son poids relatif dans l'économie est beaucoup moins important que ce qu'il était en Irlande. Le rendement des titres souverains espagnols à dix ans se détendait de 4 points de base vendredi à 6,22% mais il s'est tout de même tendu de 26 points de base en cinq jours.

Après avoir passé en revue les banques italiennes et espagnoles, Moody’s devrait d’ici à la fin juin revoir consécutivement les notes des établissements allemands, français et britanniques.

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