Les Etats-Unis ouvrent leur marché bancaire de détail à la Chine

le 10/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Fed a autorisé ICBC à racheter un petit prêteur, Bank of East Asia, soulignant les progrès de la supervision des banques en Chine

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Pour les ambitions des banques chinoises à l’étranger, le moment est historique. La Réserve fédérale américaine a autorisé ICBC à racheter 80% de Bank of East Asia, un petit prêteur qui compte 13 agences à New York et en Californie. Un accord qui vaut aussi pour le fonds souverain CIC et pour la holding publique d’investissement Huijin, actionnaires avec l'Etat à 70,7% d’ICBC, la première banque chinoise. En parallèle, la Fed a donné son feu vert à Agricultural Bank of China et à Bank of China pour ouvrir des succursales à New York et Chicago, une pratique déjà courante.

C’est la première fois que les Etats-Unis acceptent qu’un réseau de détail passe sous pavillon chinois. Il leur a fallu du temps. ICBC avait annoncé son intention de prendre le contrôle de Bank of East Asia aux Etats-Unis en janvier 2011. La tenue, la semaine dernière, du dialogue économique sino-américain où les deux pays s’étaient engagés à davantage d’ouverture en matière financière, n’est sans doute pas étrangère au feu vert de la Fed. Pékin, de son côté, a annoncé il y a quelques jours que la part détenue par des acteurs étrangers dans des courtiers locaux pourrait être relevée à 49%.

La Réserve fédérale avait refusé, en 2009, que China Minsheng Banking prenne le contrôle d’UCBH, une petite banque californienne. Un refus alors attribué par les observateurs aux doutes sur la qualité des contrôles chez l’acquéreur. Mais cette fois, la banque centrale n’a rien trouvé à redire dans ce domaine. Dans sa décision de 32 pages, la Fed souligne les progrès accomplis par les autorités chinoises, notamment la CBRC, en matière de supervision bancaire. «Il n’y a pas de preuve que les méthodes ou pratiques comptables dans les grandes banques chinoises, comme ICBC, ne soient pas fiables», ajoute-t-elle.

La décision des autorités américaines ouvre donc la porte à d’autres acquisitions du genre de la part des géants chinois, qui pourront ainsi proposer à la clientèle américaine des comptes en yuan. Les rachats devraient se cantonner dans un premier temps à de petits prêteurs régionaux. A l’échelle du marché américain ou des 2.500 milliards de dollars de bilan d’ICBC, Bank of East Asia et ses 780 millions de dollars d’actifs restent minuscules. ICBC ira «doucement, pour apprendre le marché», a précisé Ernie Patrikis, avocat chez White & Case, qui représentait la banque.

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