Le Trésor américain poursuit son désengagement de l’assureur AIG

le 09/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Abaissant sa part au capital de 7 points à 63%, Washington réalise une troisième opération de cession de titres, pour 5 milliards de dollars

L’assureur American International Group est depuis plus de trois ans un boulet pour les Etats-Unis. Bien qu’encore fort encombrant, il perd peu à peu du poids. Dernière étape en date, dans le sillage de la publication par AIG la semaine dernière de résultats trimestriels en nette hausse et supérieurs aux attentes, l’annonce par le Trésor d’une nouvelle cession de titres. L’opération doit permettre à Washington de réduire de sept points sa part au capital de l’assureur, à 63%, pour une collecte de quelque 5 milliards de dollars au bénéfice du contribuable.

Début 2011, le Trésor détenait 92% des titres ordinaires de l’assureur. Il met en vente cette semaine, avec le soutien d’un bataillon de banques (BoA Merrill Lynch, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, Barclays, Macquarie, UBS et Morgan Stanley), 163,9 millions d’actions au prix unitaire de 30,50 dollars. Soit une ristourne de 7% sur le cours de clôture de vendredi dernier.

Tirant parti de conditions de marché favorables pour le titre, en hausse de 42% en 2012, le Trésor poursuit ainsi le solde d’un lourd héritage, après avoir engagé 182 milliards de dollars à l’occasion du sauvetage de l’assureur en 2008. Comme lors de deux précédentes ventes de titres en mai 2011 et en mars 2012, chacune au prix de 29 dollars par titre, le Trésor respecte le seuil nécessaire à une opération neutre financièrement, qu’il estime se situer à 28,72 dollars par action. Secrétaire au Trésor adjoint à la stabilité financière, Tim Massad s'est donc félicité des «progrès significatifs» accomplis dans la procédure de sortie du capital d’AIG. Il estime pouvoir «garder espoir que le contribuable puisse finalement recouvrer chaque dollar investi dans la société, ce à quoi peu d’observateurs auraient pu s’attendre au plus fort de la crise financière».

AIG, qui règlera la facture établie par les banques organisatrices de l’opération, s’est engagé à se porter acquéreur de 2 milliards de dollars des titres mis en vente par le Trésor. Les analystes de JPMorgan estiment que le groupe devrait se montrer capable de poursuivre ses cessions d’actifs, comme celle du loueur d’avions ILFC ou le désengagement partiel d’AIA en Asie. AIG a, il est vrai, pour ambition de restituer 30 milliards de dollars à ses actionnaires d’ici à fin 2015.

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