Le gouvernement espagnol révise sa position sur l'assainissement des banques

le 09/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des fonds publics seront injectés si nécessaire pour nettoyer les bilans des établissements des actifs immobiliers toxiques

Le siège de Bankia à Madrid. Photo: Denis Doyle/Bloomberg

Cela faisait des mois que le gouvernement espagnol répétait qu’il n’injecterait pas un centime d’argent public pour assainir un secteur bancaire, malade de ses actifs immobiliers. Pourtant, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a dû admettre lundi matin dans une interview à la radio Onda Cero que les banques espagnoles pourraient avoir besoin de fonds publics pour finaliser leur assainissement.

«Je ne renoncerais pas à injecter des fonds publics si c’était nécessaire pour obtenir des crédits et sauver le système financier espagnol», a ainsi déclaré le leader conservateur à la radio espagnole. Cette révision de position sur l’assainissement du secteur bancaire serait, selon les experts, la réponse de l’exécutif espagnol aux pressions du FMI et de Standard & Poors, qui a abaissé la note de l’Espagne de deux crans à un triple B. Les détails du nouveau plan d’assainissement seront ainsi communiqués vendredi en Conseil des Ministres.

Selon Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières (IEB) de Madrid, «on ne sait pas encore la quantité exacte dont ces entités vont avoir besoin». Déjà dans la presse, on montre du doigt les besoins de Bankia qui sont estimées entre 5 et 10 milliards d'euros. Le président de la plus grande union de caisses d’épargne espagnoles, Rodrigo Rato, a d'ailleurs dû démissionner suite à ces estimations. Mais selon Miguel Angel Bernal, la facture pourrait être bien plus élevée si l’on prend en compte les besoins des autres caisses d’épargne en processus de fusion et celles qui seront soumises à une vente aux enchères comme Banco de Valencia.

D’après le quotidien Expansion, c’est le Fonds de restructuration ordonné du secteur bancaire (Frob) qui fournira cette aide à travers les fameuses «CoCos», des obligations convertibles. Au départ, il était prévu que cet instrument serait mis à la disposition des entités candidates à fusion, tel que le prévoit le volet de la réforme financière adopté en février dernier par le Parti Populaire. Mais désormais, Madrid n’écarte pas de changements juridiques pour permettre à Bankia d’y avoir accès sans être obligé de se soumettre à un processus de fusion.

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