Le secteur bancaire italien est miné par les dépréciations de survaleurs

le 30/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Monte Paschi vient ajouter 4,25 milliards d’euros de dépréciations à celles déjà passées par Intesa et Unicredit

Si les banques françaises avaient leur exposition à la dette publique grecque, les établissements italiens ont fait les frais des dépréciations de survaleurs. Dernière grande banque à publier ses résultats 2011, Monte dei Paschi di Siena (Monte Paschi, ou MPS) a passé dans ses comptes 4,51 milliards d’euros de dépréciations, dont 4,25 milliards pour survaleurs. Comme ses concurrentes, il s’agit, pour le troisième prêteur sur le marché transalpin, d’assainir sa situation financière pour l’année 2012, où d’importantes échéances réglementaires attendent le secteur en Europe. Parallèlement, Monte Paschi mène un vaste plan de restructuration.

Les banques italiennes payent leur politique de consolidation, jugée nécessaire pour moderniser le secteur mais menée au prix fort, juste avant la crise financière de 2008. En 2007, le groupe toscan avait acquis Antonveneta pour 9 milliards d’euros payés en numéraire. Un prix considéré déjà élevé à l’époque. Plus tôt dans l’année, Intesa avait quant à elle acquis Sanpaolo IMI; au total, ses acquisitions lui ont coûté 10,2 milliards d’euros de dépréciations de survaleurs fin 2011. Unicredit, dont les dépréciations passées dans les comptes au troisième trimestre 2011 représentent 8,7 milliards d’euros, avait fusionné avec le bavarois HVB en 2005. Seule Mediobanca n’a pas souffert de dépréciations de goodwill.

Pour Monte Paschi, les conséquences ont été mécaniquement violentes: l'établissement a affiché une perte nette de 4,7 milliards d’euros en 2011, plus du double de ce qu’anticipaient les analystes répertoriés par Reuters. Le plus inquiétant est que les éléments exceptionnels déjà évoqués ne sont pas seuls en cause.

Les revenus de commissions ont en effet fortement chuté: -6% au quatrième trimestre (à 1,8 milliard d’euros) et -10,4% au trimestre précédent. Ses revenus d’intérêts ont eux reculé de 2,4% en 2011, à 3,5 milliards d’euros. Ces éléments n’ont fait qu’accroître la mauvaise humeur des investisseurs à l’égard du titre, alors qu’ils considéraient déjà Monte Paschi comme l’une des banques vulnérables en Europe: elle doit en effet trouver 3,3 milliards d’euros d’ici au mois de juin pour satisfaire aux exigences en fonds propres du régulateur européen. L’action a chuté de 11%, terminant la séance à 0,32 euro.

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