Le Lloyd’s of London tombe dans le rouge

le 29/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré une année marquée par les catastrophes naturelles, le marché de l’assurance londonien est parvenu à maintenir sa solidité financière

Les catastrophes naturelles ont eu raison des résultats annuels du Lloyd's. Alors qu’il était encore bénéficiaire en 2010 à hauteur de 2,2 milliards de livres, le marché de l’assurance a perdu 516 millions l’an dernier, conséquence de demandes d’indemnisation à hauteur de 13 milliards dont 4,6 milliards liés aux catastrophes naturelles. Il s’agit de la deuxième année la plus coûteuse de son histoire, après les attentats terroristes de 2001 aux Etats-Unis où il avait perdu 3,11 milliards.

C’est aussi la deuxième année la plus coûteuse pour l’industrie de l’assurance qui, selon une étude réalisée par Swiss Re, a enregistré 116 milliards de dollars de demandes d’indemnisation. Le haut niveau de catastrophes naturelles, et en particulier les inondations en Thaïlande et le tsunami au Japon, qui ont coûté respectivement au Lloyd’s 1,4 et 1,2 milliard, a affecté le ratio combiné du marché londonien, qui s’est élevé pour l’exercice à 106,8%.

«Alors que la catastrophe au Japon a été principalement prise en charge par les assureurs locaux ou simplement non assurée, la Thaïlande est apparue comme un pays beaucoup plus industrialisé que prévu» a commenté Richard Ward, directeur général du Lloyd’s of London.

Le dirigeant s’est également étonné de la stabilité des tarifs face à ce niveau élevé de catastrophes: «alors qu’après les attentats terroristes de 2001, les tarifs avaient grimpé considérablement, nous n’avons constaté qu’une très faible augmentation à hauteur de 2% l’an dernier. Seule une catastrophe inattendue pourrait aujourd’hui provoquer une hausse significative des tarifs au travers de toutes les lignes de produits».

Les résultats financiers sont également ressortis en baisse cette année à 955 millions de livres, conséquence de rendements toujours déprimés. Malgré une année en berne, le Lloyd’s s’est dit néanmoins satisfait par sa solidité financière. «Malgré nos pertes annuelles, notre bilan ressort en bien meilleure position qu’il ne l’était encore il y a quelques années, conséquence d’une discipline plus importante de souscription de la part de nos syndicats» a commenté Luke Savage, directeur financier du marché. L’excédent de capital atteint 2,98 milliards de livres en 2011 contre 2,90 milliards une année plus tôt.

Le marché a également indiqué se tenir prêt pour appliquer les règles Solvabilité 2 dès le 1er janvier 2013, «indépendamment du calendrier européen» a conclu Richard Ward.

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