Le futur d’Unnim est entre les mains de la Banque d'Espagne

le 21/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les six entités financières intéressées par le rachat de la caisse d’épargne catalane ont déposé leurs offres hier

Comme prévu, la caisse d’épargne Unnim, issue de la fusion des trois établissements catalans Caixa Sabadell, Terrassa et Manlleu, sera bientôt mise aux enchères. L'opération pourrait avoir lieu début mars, estiment des sources du secteur. Sur la liste des candidats au rachat, on cite Santander, BBVA, Bankia, Banco Popular, Ibercaja et le fonds JC Flowers. Les groupes intéressés devaient déposer leur dossier hier à la Banque d'Espagne. Selon Manuel Romera, directeur du secteur financier de l’IE Business School, trois possibles «fiancés» seraient particulièrement bien placés : BBVA, Banco Popular et Bankia.

L’économiste estime que l’achat de l’entité pourrait être particulièrement intéressant pour Banco Popular car il permettrait au groupe d’Angel Ron de rivaliser «plus efficacement» avec Banco Sabadell sur le marché catalan. Gagner des parts de marché en Catalogne serait un argument clé pour les deux autres intéressés, BBVA et Bankia. Selon le site web El Confidential, la caisse d’épargne Bankia, produit de la fusion entre Caja Madrid, Bancaja et cinq autres caisses, pourrait profiter des modifications des normes du Frob, le fonds public, qui permet aux entités ayant recu de l’argent public d’acheter des entités nationalisées.

Un rachat du groupement catalan permettrait de gagner en parts de marché. C’est ce calcul qui avait d’ailleurs, entre autre, motivé Banco Sabadell à racheter pour un euro symbolique la caisse d’épargne en difficulté Caja de Ahorros del Mediterráneo. Selon la presse espagnole, tout dépendrait du prix d’adjudication établi pour Unnim et des garanties proposées.

Comme pour la CAM, Unnim bénéficiera du schéma de protection des actifs, une garantie offerte par le Frob pour couvrir 80% des pertes futures de l’entité. Au troisième trimestre 2011, Unnim affichait des pertes de 107 millions d’euros et un taux de créances douteuses de 8,34%. Après l’échec aux tests de résistance de 2010, Unnim avait été saisie par le Frob qui avait injecté 568 millions d’euros pour recapitaliser l’entité. Angel Ron, le président de Banco Popular, a suggéré qu’après la vente aux enchères d’Unnim, des aides publiques puissent aider à achever le processus de recapitalisation si nécessaire.

Dans le cas de la CAM, c’était le Fonds de garantie des dépôts qui avait payé la facture des pertes de la CAM au Frob.

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