Les assureurs font les frais de leur exposition aux «variable annuities»

le 20/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ces produits ont affecté les comptes d’Axa en 2008 et 2011. ING, qui a passé une lourde dépréciation fin 2011, cherche à solder cette activité

Présenté il y a quelques années comme le produit devant dynamiser l’épargne retraite, le contrat à annuités variables («variable annuities»), venu des Etats-Unis, fait désormais grincer des dents certains assureurs. «Ces produits, avec des mécanismes et des garanties très variables selon les contrats, sont compliqués à comprendre et très chargés en frais», relève Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures.

Selon le professionnel, les frais d’entrée de ces produits tournent autour de 4 à 5% (contre 2% en moyenne pour un produit d’épargne individuel classique), auxquels s’ajoutent des frais de gestion de 1% (0,9% pour un produit classique) et une garantie de couverture de 1%.

Ce produit présente par ailleurs des risques pour l’assureur, qui doit se protéger avec une couverture adéquate. Axa en a fait les frais pour la deuxième fois. Le bénéfice net 2011 de l’assureur a été affecté par la couverture de son portefeuille de variable annuities aux Etats-Unis pour 943 millions d’euros. En 2008, ce coût de couverture était de 1,3 milliard d’euros. «Il faut regarder les choses avec recul. Les variable annuities ont toujours gagné de l’argent» en dehors des deux périodes de crise, a indiqué jeudi Henri de Castries, président d’Axa.

CreditSights se dit toutefois «inquiet» concernant cette activité au sein d’Axa, en raison des «conséquences négatives de la faiblesse des taux sur la rentabilité des variable annuities». Selon le bureau d’étude, Axa devrait continuer à souffrir de cet environnement. «Les mesures prises par Axa n’ont pas été suffisantes pour restaurer la rentabilité», déplore Raymond James.

Comparativement à Axa, cette activité constitue «une plus grande source d’inquiétude chez ING au Aegon en raison de l’envergure de leurs opérations», relève Natixis. ING, qui a arrêté en 2009 de distribuer ces produits aux Etats-Unis, tente de solder l’héritage de cette activité. Une charge de 1,1 milliard d’euros a été passée fin 2011. En revanche, Aegon a annoncé vendredi la bonne tenue de cette activité outre-Atlantique, avec un bénéfice au dernier trimestre en hausse de 78% à 121 millions de dollars (92 millions d’euros), «incluant un bénéfice de 32 millions de dollars lié à la révision des hypothèses de partage des revenus avec les distributeurs».

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