Les banques espagnoles locales souffriront le plus des nouvelles normes

le 07/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que BBVA et Santander bénéficient de leur diversification, Bankia, Banco Popular ou encore Sabadell devront envisager des rapprochements

Les provisions exigées par le gouvernement espagnol pour couvrir les portefeuilles immobiliers des banques en 2012 devraient bouleverser le secteur. Si BBVA, Santander et, dans une moindre mesure CaixaBank, semblent tirer leur épingle du jeu, la partie semble plus mal engagée pour les autres.

«Cette réforme est très positive sur le fond. Nous demeurons toutefois prudents, note Frédéric Teschner, analyste chez Natixis. On observe que le niveau de créances douteuses hors immobilier progresse. En outre, on ignore le rythme de dégradation des 148 milliards d’euros d’actifs non problématiques».

Selon l'analyste, les provisions devraient provoquer une baisse respective du résultat net de 21% et 39% pour Santander et BBVA. Le consensus estime l’impact à 55% pour CaixaBank.

Le capital de ces établissements devrait être préservé. Le ratio de fonds propres durs du groupe catalan atteignait en effet 11% au moment de sa cotation en juillet dernier. «Santander respecte le plancher de 9% fixé par l’Autorité bancaire européenne. S’il manque 1,8 milliard de fonds propres à BBVA, nous estimons que l’obligation de déprécier les portefeuilles de dettes souveraines sera à terme supprimée, éliminant tout besoin supplémentaire en capital», rappellent les analystes de Credit Suisse. En outre, BBVA dispose de 1,1 milliard d’euros de provisions pour couvrir des dépréciations dans l’immobilier.

Santander et BBVA tirent également avantage de leur diversification internationale, face à leurs compatriotes très exposés à l’immobilier local. «Nous estimons que la réforme provoquera une charge de 5,2 milliards d’euros pour Santander et de 3,3 milliards pour BBVA. [A l’inverse] les banques purement domestiques sont sous pression. […] Les provisions supplémentaires réduisent le ratio prudentiel de Banco Popular et de Sabadell de plus 400 points de base, à respectivement 3,6% et 2,3%», souligne Barclays Capital.

«La réforme sera plus douloureuse pour Bankia, ajoute Frédéric Teschner. Nous considérons que ses provisions représenteront quatre à cinq fois ses bénéfices estimés pour 2012, sans compter les portefeuilles de sa maison-mère BFA: or, il s’agit des actifs les plus risqués, qui lui avaient été transférés dans la perspective d’introduire en Bourse Bankia.» Dans ce contexte, les rapprochements sont susceptibles de sauver les acteurs fragiles. Ce qui est l’objet de la réforme.

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