Groupama se prépare à céder ses bijoux de famille

le 13/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La vente de Gan Eurocourtage IARD et de la filiale britannique sont à l'étude. L'assureur a reçu plusieurs propositions jugées «intéressantes»

Pas de pause dans les cessions d'actifs de Groupama. Mercredi soir, Thierry Martel, son nouveau directeur général, a annoncé aux représentants syndicaux la mise en vente prochaine de Gan Eurocourtage et de sa filiale anglaise, Groupama Insurances. A ce stade, «aucune décision n’a été prise», indique-t-on chez Groupama. Toutefois, «la direction a reçu plusieurs propositions intéressantes en termes de valorisation pour ces deux entités», a indiqué un représentant syndical CFDT, précisant qu’il y a «une forte chance pour que la sortie s’organise fin du premier trimestre ou début du deuxième».

Selon cette même source syndicale, Groupama entend céder uniquement Gan Eurocourtage IARD, la partie assurances dommages qui a réalisé un chiffre d’affaires de 819 millions d’euros en 2010 sur un total de 1,58 milliard. Les prétendants devraient se bousculer. Troisième compagnie dédiée au marché du courtage en France et considérée comme la pépite du groupe, Gan Eurocourtage a pris une nouvelle envergure en fusionnant le 1er janvier avec Groupama Transport (318 millions de chiffre d’affaires).

«Gan Eurocourtage peut intéresser la quasi-totalité des compagnies françaises, mais aussi des acteurs étrangers souhaitant s’implanter sur le marché français», estime Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures.

De fait, les noms d’Allianz, Swiss Life ou de l’australien QBE circulent avec insistance en interne. Aucun de ces acteurs n’a toutefois souhaité commenter l’information. Gan Eurocourtage est d’autant plus attractive qu’elle a été recapitalisée à hauteur de 300 millions d’euros par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), lui permettant d’afficher une marge de solvabilité supérieure à 350 %.

Les marques d’intérêt devraient aussi être nombreuses pour Groupama Insurances qui, en 2010, a réalisé 549 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un résultat net de 13 millions. Ces deux cessions doivent permettre à Groupama de redresser une marge de solvabilité sérieusement fragilisée par la crise des dettes souveraines et sa forte exposition aux marchés actions. L’assureur mutualiste a déjà réussi à améliorer sa solvabilité d’environ 20 points grâce à l’accord conclu avec la CDC qui incluait également la fusion des foncières Silic et Icade. Toutefois, «la direction veut retrouver une marge de solvabilité qui gravite autour de 150 % d’ici fin 2012», a précisé le représentant syndical CFDT.

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