Euler Hermes adapte son organisation européenne à Solvabilité 2

le 09/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’assureur-crédit a fusionné treize entités européennes pour disposer d'une structure mieux capitalisée et consolider sa notation AA-

Le 31 décembre dernier, Euler Hermes a porté une nouvelle société sur les fonts baptismaux: Euler Hermes Europe. Basée à Bruxelles, elle regroupe en une seule entité juridique, dont la Belgique, treize succursales d’assurance: les pays scandinaves, la Finlande, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Slovaquie. Elle ne couvre pas les deux principaux marchés de l’assureur-crédit, l’Allemagne et la France.

Auparavant, ces entités étaient des filiales contrôlées pour certaines par Euler Hermes SA (le holding de tête coté à Paris), pour les autres par l’Allemagne, l’implantation historique du groupe.

Le chantier (principalement juridique et réglementaire) a nécessité 18 mois de travail. Le processus s’est déroulé sous le régime juridique de la fusion transfrontalière, créé par une directive européenne de 2005.

Deux objectifs ont prévalu. «La simplification juridique nous permet d’une part de nous préparer à la réglementation de Solvabilité 2, qui est très contraignante pour de petites et moyennes structures, explique Catherine Zeller, directrice juridique et secrétaire générale d’Euler Hermes. Mais c’est aussi une adaptation consécutive à la crise financière de 2008, qui a mis en évidence le fait que de petites sociétés d’assurances pouvaient être un handicap».

L’enjeu est donc sérieux. Euler Hermès Europe affiche ainsi plus de 300 millions d’euros de fonds propres après mutualisation des actifs des sociétés fusionnées. Une situation qui doit permettre à cette entité de conserver la même notation AA- que celle du groupe, ce qui n’aurait probablement pas été suffisant pour les petites filiales nationales prises séparément. «L’opération n’a pas créé de capital supplémentaire, mais a permis de mutualiser les fonds propres des filiales. La fusion se traduit par un effet positif de diversification tant en gestion des risques qu’en capitaux réglementaires», souligne François Dutertre, directeur de la fiscalité chez Euler Hermes.

Autre avantage non négligeable dans la guerre des talents que se livrent les sociétés du secteur financier, remplacer une myriade de PME par une entité unique plus importante permet d’attirer et de conserver les professionnels, notamment les actuaires qui sont devenus «une denrée rare».

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