Les caisses d’épargne basques créent le neuvième établissement espagnol

le 03/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BBK, Kutxa et Caja Vital ont regroupé leurs activités bancaires dans Kutxabank. Le gouvernement veut accélérer la recomposition du secteur

La restructuration des caisses d’épargne espagnoles avance à grands pas. BBK, Kutxa et Caja Vital – originaires des trois provinces de la communauté autonome basque – ont créé une filiale bancaire unique, Kutxabank, qui a officiellement démarré ses activités hier. Le projet avait été voté en novembre dernier. En Espagne, une caisse d’épargne doit créer une filiale bancaire pour exercer des activités financières.

BBK, la caisse de Biscaye, contrôle le nouveau groupe avec 57% du capital et 9 des 15 membres du comité de direction, dont le président Mario Fernandez. Kutxa en détient 32% (et nomme quatre représentants) et Caja Vital le solde. L’harmonisation des produits et services est prévue au 30 juin. Le rapprochement des systèmes informatiques devrait être achevé en 2013. Les synergies ainsi créées devraient atteindre 100 millions d’euros.

Dans un paysage en pleine recomposition, Kutxabank constitue la quatrième caisse et la neuvième institution financière d'Espagne en termes d’actifs (75,7 milliards d’euros). Spécialisée dans les activités de détail au Pays Basque, elle exerce également une activité en Andalousie depuis que BBK a acquis Cajasur en 2010. Son réseau cumule 2,5 millions de clients, 1.300 agences et 9.000 salariés. Son objectif est de doubler de taille en profitant de la réorganisation du paysage bancaire espagnol.

Après la reprise de Caja de Ahorros del Mediterráneo (CAM) par Banco Sabadell en décembre dernier, l’acquisition de Banco Pasto par Banco Popular deux mois plus tôt, l’introduction en Bourse de CaixaBank (structure de La Caixa catalane) et le regroupement de sept caisses pour former Bankia, la restructuration ne ralentit pas.

Mais elle n’est pas terminée. Le nouveau ministre de l’économie Luis de Guindos a déclaré hier que de nouvelles mesures «agressives» étaient en préparation – allusion notamment aux difficultés d'Unnim et Banco de Valencia. En attendant, le gouvernement Rajoy a réactivé les garanties publiques sur les émissions de dette bancaire, à hauteur de 100 milliards d'euros. La loi a également été modifiée pour faciliter les recapitalisations des cajas: le seuil de contrôle de 50% de la filiale bancaire d’une caisse - en deçà duquel cette dernière se voit requalifiée en fondation et doit limiter son activité à la gestion d’œuvres sociales – a été supprimé. La réforme évite les conséquences d’une dilution provoquée par une augmentation de capital.

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