Les banques françaises sont entrées dans une phase de décrue des effectifs

le 16/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les embauches annoncées dans les réseaux ne doivent pas masquer une tendance à la baisse du nombre de collaborateurs

Plus de 2.000 suppressions de postes chez BNP Paribas, 2.350 dévoilées mercredi par Crédit Agricole SA… Sans annoncer les «charrettes» spectaculaires de leurs concurrentes anglo-saxonnes, les grandes banques françaises ont engagé des restructurations lourdes. En France, les réductions d’effectifs concernent déjà près de 1.700 postes pour les deux groupes seulement : 850 chez CASA et 827 chez BNP Paribas. Elles touchent presque tous les métiers: banque de financement et d’investissement (923), crédit à la consommation (300), crédit immobilier (244), leasing (119) et gestion d’actifs (91 chez BNP Paribas IP, mais rien chez Amundi).

La Société Générale, elle, chiffrera en janvier son plan de départ pour sa BFI. La banque a préféré négocier un accord de méthode avec ses partenaires sociaux d’ici à fin décembre, pour que ce plan puisse être mis en place dès 2012 sans les retards liés aux procédures d'information. Les syndicats ont déjà évoqué «plusieurs centaines» de suppressions en France, et autant à l’étranger. Natixis n’a pas annoncé de plan pour l’instant.

Les banques françaises avaient déjà réduit la voilure en 2009. BNP Paribas avait supprimé 200 postes en BFI en France, et Natixis, très affecté par la crise, plus d’un millier dans le monde. Les pôles de gestion d’actifs avaient aussi été touchés, notamment à la Société Générale et au Crédit Agricole à l’occasion de la création d’Amundi. «Mais l’on assiste cette fois à un changement structurel du modèle des banques françaises», glisse le responsable des ressources humaines d’un grand établissement.

Les intéressées restent de gros recruteurs dans la banque de détail en France. Le Crédit Agricole a rappelé mercredi soir, en marge de son avertissement sur résultats, qu’il prévoyait 3.500 embauches en 2012 dans l’Hexagone, plus 3.000 contrats en alternance. Des chiffres qui ne peuvent masquer une autre réalité. Compte tenu des départs en retraite et des réorganisations, le nombre de collaborateurs des réseaux bancaires en France est désormais orienté à la baisse. «La tendance, en gros, est à la suppression de 1.000 postes par réseau et par an», estime Sébastien Busisis, responsable de la Fédération FO Banques. Selon les chiffres de l'AFB (qui ne recouvrent pas toutes les banques), le solde net des embauches a été négatif de -0,3% en 2010. Il serait encore dans le rouge au premier semestre 2011.

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