La microfinance progresse fortement en France mais les banques sont appelées à agir davantage

le 09/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les microcrédits affichent une croissance à deux chiffres et justifient leur utilité sociale, avec cependant des montants encore faibles

La microfinance continue d’enregistrer des taux de croissance extrêmement soutenus dans le monde, et notamment en France. Cette pratique, qui consiste principalement à accorder des prêts pour des montants limités aux personnes ou entreprises qui n’ont pas accès aux financements bancaires classiques, fait face à une demande croissante d’intervention pour soutenir l’emploi et la croissance économique et permettre «l’inclusion financière et l’autonomie des personnes», indique l’Observatoire de la microfinance dans son rapport 2010.

En France, les microcrédits personnels ont progressé de 43% en 2010 après une hausse de 55% l’année précédente. Le nombre de nouveaux prêts accordés en 2010 s’élève à 7.884, ce qui porte à 19.403 l’ensemble des prêts distribués depuis 2005. Mais les montants restent faibles : 43,4 millions d’euros d'encours totaux. Les microcrédits personnels destinés à l’emploi et à la mobilité restent majoritaires à 71% tandis que ceux liés au logement reculent légèrement à 13%. Alors que ces prêts sont garantis par le Fonds de cohésion sociale (FCS), leur taux de sinistralité a augmenté en 2010, passant de 2,27% à 3,17%, soit 772.000 euros d’impayés, dont 50% est à la charge du FCS.

Quant aux microcrédits professionnels, visant notamment à encourager la création d’entreprises et d’emplois, ils ont bondi de 78% par rapport à 2009. L’encours total de prêts garantis par le FCS atteint désormais 86,6 millions d’euros, permettant la création depuis 2006 de près de 26.000 emplois.

La croissance de ces pratiques de la microfinance va de pair avec celle de l’épargne solidaire, qui se fonde davantage sur des valeurs éthiques que sur des motivations financières. En 2010, l’encours d’épargne solidaire a atteint 3,08 milliards d’euros, soit une progression de 28,4% sur un an. L’épargne solidaire bancaire a crû de 15% contre 51% pour l’épargne salariale.

Bien que les microcrédits accordés aux personnes ou aux entreprises soient partiellement garantis par le FCS, le rapport pointe l’insuffisance du rôle des prêteurs. «Force est de constater cependant que le niveau d’engagement de ces derniers n’atteint pas encore le niveau souhaitable. Un engagement plus volontariste du secteur bancaire serait bienvenu, notamment pour le microcrédit personnel», souligne l’Observatoire.

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