Groupama se dote des moyens financiers pour répondre aux exigences de l’ACP

le 09/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Lors d’un comité central d’entreprise, sa direction a confirmé discuter, avec la Caisse des dépôts, de son entrée au capital de Gan Eurocourtage

La pression retombe d’un cran chez Groupama. Hier matin, lors d’un comité central d’entreprise (CCE), la direction générale de l’assureur mutualiste s’est voulue rassurante quant à sa capacité à clôturer les comptes 2011 en respectant les exigences de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Sans donner la moindre indication chiffrée, elle a laissé entendre aux syndicats que sa marge de solvabilité se situerait au-dessus du seuil de 100 % réglementaire au 31 décembre. Depuis plusieurs semaines, le sixième assureur français n’a pas ménagé ses efforts pour renforcer des fonds propres fragilisés par la crise des dettes souveraines et les turbulences des marchés boursiers.

La direction a ainsi confirmé ses discussions avec la Caisse des dépôts (CDC) sur un double projet. Le premier porte sur la cession à la CDC, via sa filiale Icade, de la participation de 44% de Groupama dans la foncière Silic. Le second concerne l’entrée de la CDC au capital de Gan Eurocourtage via des actions de préférence. Si aucun montant n’a été divulgué, «la direction n’a pas démenti la somme de 300 millions d’euros évoquée par la presse», indique un représentant syndical. «Ces projets permettent d’avoir un apport de fonds propres et de marge de solvabilité et, ainsi, de mieux consolider les comptes 2011», renchérit une autre source syndicale.

En parallèle, Groupama a récemment procédé à des cessions d’actions, d’obligations corporate et d’immobilier, certaines de ses opérations lui ayant permis de dégager des plus-values. Si l’assureur a pu enregistrer des moins-values sur les cessions d’actions, cette manœuvre lui évite toutefois de passer de trop importantes provisions pour dépréciations en fin d’année. Enfin, la recapitalisation de Groupama SA par les caisses régionales pour un montant de 500 millions d’euros sera finalement effective dans les comptes 2011, alors qu’elle était initialement prévue pour le premier semestre 2012.

Autant d’opérations qui permettent à Groupama de ne pas céder d’actifs industriels dans la précipitation. «Si aucune décision n’a été prise, la direction continue d’examiner les possibles arbitrages sur les actifs industriels», indique toutefois la source syndicale. Les représentants syndicaux devraient sans doute en savoir plus sur le plan d’action de Groupama lors du prochain CCE, prévu le 22 décembre. Date à laquelle le cabinet d'expert Secafi Alpha devrait rendre son premier rapport.

A lire aussi