Les banques européennes suscitent la réserve chez leurs contreparties

le 21/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La crise de la dette souveraine aurait incité Bank of China à interrompre les transactions sur les changes avec des banques du Vieux Continent

Prudence est mère de sûreté, a estimé Bank of China. Citant plusieurs sources proches du dossier, Reuters avançait hier que la banque chinoise a tout simplement interrompu ses contrats à termes et ses swaps sur les changes avec plusieurs banques européennes dans un contexte de défiance grandissante vis-à-vis des acteurs du Vieux Continent. Les principaux établissements français, BNP Paribas, la Société Générale et Crédit Agricole auraient ainsi fait les frais de cette frilosité, sur fond de crise de la dette souveraine en Europe. Bank of China aurait également cessé toute transaction avec UBS dans le sillage de l’annonce de la perte imputée à un trader à Londres. Les parties n’ont pas souhaité commenter la nouvelle.

«Avec toutes les mauvaises nouvelles en provenance d'Europe, je crois que d'autres banques vont suivre le mouvement», a confié à Reuters un intervenant sur le marché. Déjà, l’agence indique qu’une autre banque chinoise a cessé ses transactions de swaps de taux d’intérêt sur le yuan avec plusieurs banques européennes. Des représentants des géants bancaires chinois ICBC, China Construction Bank et Agricultural Bank of China ont pourtant assuré ne pas avoir pris de mesures particulières envers leurs partenaires européens.

Le signal est avant tout symbolique et ne devrait pas avoir d’impact majeur sur les résultats des banques européennes. Comme le rappelle en effet le responsable de la recherche sur les marchés financiers de Rabobank en Asie, Adrian Foster, les banques chinoises ne sont pas des fournisseurs majeurs de liquidité pour leurs homologues européennes. L’initiative de Bank of China n'en est pas moins un signe de la défiance, irrationnelle ou non, que peuvent susciter les signatures bancaires du Vieux Continent.

Le climat se nourrit de rumeurs ou d'informations déformées. Comme celle concernant Siemens, qui aurait retiré 500 millions d'euros placés auprès d'une banque française - la Société Générale, selon les médias anglo-saxons - pour les déposer à la BCE. En fait, le retrait serait antérieur au 15 juillet, et lié à la faible performance de l'investissement. Fait incontestable en revanche, les nouveaux propriétaires de Meetic, Match.com, ont demandé aux dirigeants du site de rencontres «de bouger [notre] argent de la banque française dans laquelle on est vers une banque américaine», a indiqué à l'AFP Marc Simoncini, le fondateur de la société.

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